Mauritanie: le président Ghazouani en France pour une visite d'État de plusieurs jours

Le président mauritanien est à Paris à partir du mercredi 15 avril. Si Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a déjà fait des déplacements officiels en France, il s’agit cette fois d’une visite d’État de trois jours, une première pour un président mauritanien, avec un programme dense jusqu’au vendredi 17 avril. Le ministre mauritanien des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Merzoug, fait également partie de la délégation officielle. Les relations bilatérales et les échanges économiques seront au cœur du programme, ainsi que les questions migratoires et sécuritaires.
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Après les honneurs militaires aux Invalides, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani sera accueilli mercredi 15 avril à 17 heures à l’Élysée, où il commencera sa visite par un entretien avec Emmanuel Macron, suivi d’un dîner d’État.
Au menu, selon l’Élysée : les « liens politiques, culturels et économiques » qui unissent les deux pays, et « plusieurs grands sujets régionaux et internationaux ». Une source diplomatique mauritanienne évoque plus précisément les sujets « Sahel », « sécurité » et « migration ».
L’Union européenne a fait de la Mauritanie l’un de ses principaux partenaires pour le contrôle des flux migratoires, en clair : la traque et l’expulsion des migrants clandestins en route vers l’Europe. Les ONG de défense des droits humains dénoncent régulièrement les violences exercées par les forces mauritaniennes contre les migrants.
C’est notamment le cas de Human Rights Watch, qui, dans un rapport publié en août, pointait du doigt les conséquences de la politique migratoire de l’Union européenne, dite d’externalisation des migrations. Aujourd’hui, l’ONG demande à la France de faire pression pour obtenir de vraies garanties sur le respect des droits humains, explique Lauren Seibert, chercheuse à Human Rights Watch, spécialisée dans la défense des droits des migrants, jointe par Florence Morice du Service Afrique de RFI.
La France et l’Union européenne devraient encourager les autorités mauritaniennes à continuer sur la lancée des réformes et d’améliorations, et de renforcer la surveillance des forces de sécurité surtout, et de mettre fin aux abus contre des migrants, y compris les violences, les arrestations arbitraires et toutes les autres violations.
Lauren Seibert, chercheuse à Human Rights Watch
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Renforcement de la coopération bilatérale au Sahel
Après la rupture avec les pays de l’AES, Mali-Niger-Burkina, la Mauritanie reste l’un des derniers alliés de la France au Sahel. Les relations entre Nouakchott et Bamako se sont crispées ces dernières semaines. Cependant, la Mauritanie s’efforce de préserver, autant que possible, des relations de voisinage amicales avec le Mali. Ces liens diplomatiques et l’activité des groupes jihadistes au Sahel semblent des sujets incontournables.
Jeudi 16 avril, le président mauritanien rencontrera la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, puis le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, avant de partir à Brest, dans l’ouest du pays, visiter les chantiers navals et l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer).
Dernières séquences vendredi 17 avril au matin, avec le dépôt d’une gerbe sur la tombe du soldat inconnu, puis la participation du président mauritanien à un Forum d’affaires au cours duquel des rencontres avec des chefs d’entreprise seront organisées.



