Entre le FMI et Dakar, des différences d’analyses sur l'évolution de la dette et du déficit du Sénégal

Le Fonds monétaire international (FMI) va-t-il reprendre un nouveau programme de financements avec le Sénégal ? Depuis la suspension d’un prêt de 1,8 milliard de dollars en octobre 2024, suite à la mise au jour d’une dette cachée d’au moins 7 milliards de dollars, les discussions avec Dakar patinent. Le 13 avril, les ministres sénégalais des Finances et de l’Économie ont rencontré à New York les représentants du FMI en marge des assemblées de printemps de cette organisation. Mais sans aucune annonce pour le moment.
Publié le : Modifié le :
2 min Temps de lecture
Avec notre correspondante à Dakar, Léa-Lisa Westerhoff
Trois rencontres ont eu lieu lundi entre le ministre des Finances du Sénégal, Cheikh Diba, celui de l’Économie Abdourahmane Sarr, et des représentants du Fonds monétaire international (FMI), dont sa Directrice générale Kristalina Georgieva.
À l’issue de ces réunions, deux tweets aux tonalités opposées : du côté du Sénégal, le ton est optimiste, pour le ministre de l’Économie, l’assainissement des finances publiques étant en bonne voie : « Le Sénégal est sur la trajectoire de la consolidation budgétaire. » C’est-à-dire que le déficit public et la dette de l’État sont en train d’être maîtrisés, selon Abdourahmane Sarr. Pas besoin donc, selon Dakar, de restructurer la dette pour soulager le Sénégal.
C’est aussi le point de vue défendu par le Premier ministre Ousmane Sonko, malgré la crise budgétaire persistante depuis deux ans.
La cheffe du FMI rappelle l’importance d’« une gestion budgétaire saine »
Du côté du FMI, en revanche, pas un mot sur la possibilité d’un nouvel accord. À la place, sa cheffe Kristalina Georgieva, dans un message sur X, parle de l’importance d’« une gestion budgétaire saine » et de réformes « pour réduire les vulnérabilités de la dette ». En clair, pour l’institution de Bretton Woods, les prévisions macroéconomiques de Dakar sont encore trop optimistes, pas assez réalistes. En effet, dans ses dernières projections rendues publiques à l’occasion des réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI, le Fonds table désormais sur une croissance du Sénégal revue à la baisse à 2,2% pour 2026 – contre 2,5%, attendus par Dakar – et un déficit budgétaire plus élevé à 6,7 % du PIB en 2026 (contre 5,4 %, selon les estimations sénégalaises).
À lire aussiSénégal: le ministère de l’Économie anticipe une croissance à 2,5%, très inférieure à celle de 2025
Sans consensus sur ces indicateurs, difficile d’avancer sur un nouveau programme du FMI, estiment plusieurs sources, car les hypothèses de départ sont différentes.
À lire aussiSénégal: pour ses deux ans au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye vante la stabilité et l’unité du pays



