Bénin: sans aucun élu et agité par une crise interne, le parti d’opposition Les Démocrates tente de se réorganiser

Au Bénin, la Cour constitutionnelle doit proclamer ce 16 avril 2026 les résultats définitifs de la présidentielle. Les résultats provisoires ont été annoncés en début de semaine par la commission électorale. Selon ses chiffres, Romuald Wadagni l’emporte avec 94% des voix et va succéder à Patrice Talon. Le principal parti de l’opposition a félicité le dauphin du chef de l’État sortant, tout en lui adressant plusieurs demandes. Les Démocrates traversent actuellement une zone de turbulences. Reportage au siège de cette formation.
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Avec notre envoyée spéciale à Cotonou, Magali Lagrange
Aucun élu pour les 7 prochaines années. Les Démocrates n’ont pas pu participer à la présidentielle au Bénin faute de parrainages suffisants, ni aux élections locales, et n’ont pas obtenu de députés. Au nouveau président élu, le principal parti de l’opposition adresse plusieurs demandes.
Kamar Ouassagari, son Secrétaire administratif, glisse : « Le parti observera le fonctionnement du nouveau président élu et en fonction des actes qu’il aura posé, le parti va se positionner. Si aujourd’hui nous demandons la libération des prisonniers politiques et que tous les prisonniers politiques sont libérés, si on demande le retour des exilés, que les exilés reviennent, ça viderait les assiettes de nos revendications. La position du parti se fera en fonction des instances habilitées à le faire. »
Les Démocrates traversent une crise interne. L’ancien chef de l’État (2006-2016) Thomas Boni Yayi a quitté ses fonctions à la tête du parti, ébranlé par une crise de succession, et par le ralliement à la mouvance présidentielle de plusieurs de ses grandes figures.
Procédure en justice sur la direction du parti
Kamar Ouassagari commente : « Il a été décidé d’organiser une tournée pour aller rencontrer les structures de base, pour leur montrer la nouvelle dynamique dans laquelle le parti se trouve et faire le point de ceux qui sont là, ceux qui sont partis, parce que nous avons des éléments qui ont rejoint la mouvance [présidentielle, NDLR]. Par contre, il y a également d’autres nouveaux qui sont venus. »
Les Démocrates restent debout, assure Kamar Ouassagari. La succession à la tête du parti doit être examinée par la justice ce 16 avril. Le camp d’Eric Houndete – qui a rejoint Romuald Wadagni pendant la campagne – conteste la désignation de Nourénou Atchadé comme président des Démocrates.
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