RDC: la réserve forestière de Yangambi élevée au rang de modèle par l'Unesco

L’Unesco a publié mardi 21 avril une évaluation complète de ses près de 2 300 sites protégés sur la planète, qui couvrent une superficie de l’Inde et de la Chine réunies et où vit près de 10% de la population. Des sites qui restent menacés par les effets du changement climatique, comme la réserve de Yangambi, en RDC, qui fait pour autant figure de modèle.
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Au cœur du bassin du Congo, la réserve de Yangambi, dans la province de la Tshopo, non loin de la ville de Kisangani, est vieille de près d’un siècle. Soutenue par l’Unesco depuis 1977, sa préservation répond « à l’idée de concilier la protection de l’environnement et, bien sûr, les activités humaines », résume Lucie Felicité Temgoua, directrice de l’École régionale d’aménagement et de gestion intégrés des forêts et territoires tropicaux (ERAIFT).
« Ces réserves doivent également contribuer à améliorer la subsistance des populations qui sont autour », appuie la défenseuse de l’environnement. Près de 150 000 personnes vivent dans la réserve, la forêt est leur première ressource. C’est pour cette raison que Lucie Félicité Temgoua et ses équipes les accompagnent pour promouvoir des pratiques plus durables comme l’agroécologie « qui peut améliorer les rendements et permet d’enlever de la pression sur les réserves ».
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Pour ce faire, les communautés, qui utilisent le bois en guise de source d’énergie, sont incitées à renouveler le parterre forestier. « Ainsi, le bois énergie provient dorénavant des plantations agroforestières et non plus du bois coupé en forêt », précise Lucie Felicité Temgoua.
La réserve de Yangambi est également la seule du bassin du Congo à disposer d’une tour à flux. Haute de 55 mètres, elle domine la canopée. Objectif : voir la contribution de la forêt à l’absorption du CO2 dans l’atmosphère. « L’idée étant de ne pas simplement voir si elle séquestre du CO2, mais quelle quantité de CO2 est séquestrée », explique la chercheuse d’origine camerounaise.
Lucie Félicité Temgoua espère désormais des financements pour l’installation d’autres tours à flux, ailleurs dans le bassin, pour mieux comprendre le plus grand puits de carbone du monde.
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