A'salfo, leader de Magic System: «Engagés, on chante la joie de vivre pour donner l'espoir»

Depuis mardi et jusqu’à dimanche soir, les artistes de renom se succèdent sur les scènes du festival du Printemps de Bourges qui fête, cette année, ses 50 ans. Parmi les invités vendredi soir : le rappeur Ino Casablanca, la chanteuse Noor, mais surtout le groupe de zouglou Magic System, qui a lui aussi un anniversaire à célébrer : la formation fête cette année ses 30 ans. À cette occasion, le groupe a sorti un nouvel album et prévoit une grande tournée l’an prochain. Le leader et parolier de Magic System, A’salfo, est au micro de Léa Boutin-Rivière.

RFI: Cette année, vous célébrez les 30 ans de Magic System. Quand vous repensez à ces 30 ans, est-ce qu’il y a un souvenir particulier, une anecdote particulière qui vous revient à un moment vraiment marquant ?

A’salfo: Oui, c’est nos débuts de carrière en France. Surtout cette invitation surprise du président Chirac à l’Élysée qui reste gravée dans nos mémoires. Parce que c’était quelque chose d’exceptionnel pour un groupe qui venait d’Afrique.

Ces 30 dernières années, vous avez eu beaucoup, beaucoup de tubes. Est ce qu’il y en a un que vous, en tant que groupe, vous aimez particulièrement chanter sur scène ?

Vous savez, il est difficile de faire des enfants et de choisir un seul qu’on aime. Mais le titre qui a marqué notre carrière et qui a marqué tous nos fans, c’est Premier Gaou, qui est resté un titre intemporel, un titre transgénérationnel. Il y en a même qui nous nous appellent gaou, de telle sorte que le titre est même plus connu que le groupe. Il y a eu Magic in the Air il y a douze ans. Ces deux titres sont ces titres là qui restent encore prisés par tout le public aujourd’hui. On vient avec cette joie de vivre et c’est contagieux. On ne peut pas être dans la loose en écoutant Magic System.

Pour fêter votre anniversaire, vous avez prévu une grande tournée des Zénith en France, une date à l’Accor Arena. Est-ce que vous prévoyez aussi des dates en Côte d’Ivoire en particulier et dans tout le reste de l’Afrique en général ?

Comment est ce que l’on peut imaginer une fête des 30 ans de Magic System sans tous ces pays africains qui nous ont soutenus ? Nous sommes en train de rédiger le programme de la tournée africaine, parce que nous allons parcourir aussi toutes les capitales africaines, parce que tout est parti de l’Afrique. Donc on va commencer aussi cette célébration par Abidjan. Abidjan a vu notre Premier Gaou et Abidjan va voir ce que les Gaou sont devenus.

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Vous avez plein de tubes, mais vous n’avez pas arrêté de publier des disques pour autant. Vous en avez un qui est sorti en début d’année, votre douzième. Ça s’appelle Donnie Donnie. Vous revenez à du zouglou plus pur après des albums qui étaient plus tournés vers l’international. Qu’est-ce qui vous a donné envie de ce retour aux sources ?

À un moment donné, il faut revenir 30 ans après. Il faut qu’on revienne dire au monde entier voilà d’où on est parti. Nos deux derniers albums étaient des albums tirés de la source du zouglou originel et aujourd’hui, on est content que beaucoup de fans qui avaient le dépit d’amour et croyaient qu’on les avait abandonnés, soient de nouveau contents et que la connexion soit de nouveau établie juste avant nos 30 ans de carrière.

Même si c’est des mélodies assez festives, il y a quand même des thèmes assez sérieux qui sont abordés, les migrations, la religion, l’argent… Comment vous combinez cette mélodie festive et ces thématiques qui peuvent être assez graves quand même ?

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Il y a un paradoxe entre ce que Magic System chante et ce que Magic System est. Nous, on a voulu être engagés autrement. On chante la joie de vivre, comme si on voulait donner espoir à tous ceux qui croient que c’est perdu. Mais en même temps, derrière, c’est un groupe engagé à 1 000 % parce que, en dehors de nos albums, nous construisons des écoles aussi. Il n’y a pas que les albums que nous construisons. C’est quand même quinze écoles Magic System qui permettent à 4 500 enfants d’aller à l’école dans des conditions confortables. Voilà là où notre engagement se situe. Chanter, faire danser le monde, mais profiter aussi de nos droits d’auteur pour réaliser des infrastructures qui changent la vie des populations défavorisées en Afrique. Et je crois qu’avec la Fondation Magic System, nous sommes plus au début qu’à la fin.

Est ce que vous avez déjà des projets en tête pour la Fondation Magic System? 

Oui, quand on créait le Femua, c’était une école par an qu’on avait promis. Aujourd’hui, nous sommes à la 18ᵉ édition et nous sommes à quinze écoles. La 20ᵉ édition va vite arriver, c’est en 2028. Notre premier objectif, c’est d’être à 20 écoles avant la 20ᵉ édition. La santé aussi est un parent pauvre dans le système de développement de nos pays. Donc, nous allons au maximum aussi construire des centres de santé, des dispensaires, dans les localités les plus éloignées. Et puis, nous œuvrons aussi pour le développement des industries culturelles et créatives en Afrique. Notre rêve aujourd’hui, c’est de construire un centre de formation qui va permettre à tous les acteurs des arts vivants de pouvoir se former et être plus compétents sur le terrain.

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