Togo: la nouvelle stratégie pour le Sahel en crise passe par «une plus grande coopération régionale»

À Lomé, capitale togolaise, s’est tenue samedi 18 avril une rencontre internationale sur « une nouvelle stratégie pour le Sahel en crise ». Initiée par le Togo, la réunion de haut niveau a enregistré la participation des représentants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) comprenant le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Également présents, des membres de l’ONU, des personnalités africaines et européennes. Tous sont unanimes à le reconnaître : seule une synergie d’actions peut permettre de lutter efficacement contre le terrorisme.
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Avec notre correspondant régional, Serge Daniel
La nouvelle stratégie pour le Sahel présentée par Togo a été au centre des discussions. Elle s’articule autour de cinq piliers parmi lesquels la coopération entre le Nord et les pays du Sahel sur de nouvelles bases afin de lutter contre le terrorisme.
Parmi les participants à la rencontre de Lomé, l’envoyé spécial de l’Union européenne pour le Sahel, Joâo Cravinho. Il approuve la proposition. « En Europe, nous ne pouvons pas dormir tranquilles si l’on ne peut pas dormir tranquille au Sahel. Il y a donc des intérêts partagés très forts pour qu’on continue à travailler ensemble pour le futur des peuples de la région ».
D’après nos informations, en marge de la rencontre, le Togo a facilité des entretiens privés entre le représentant d’un pays européen et d’un autre pays du Sahel pour briser un peu la glace.
Autre axe de la nouvelle stratégie de lutte contre les jihadistes et l’insécurité dans le Sahel : une coopération régionale plus pragmatique. La menace terroriste s’étend progressivement vers les États du littoral du golfe de Guinée. Les digues de la méfiance entre l’AES et la Cédéao doivent sauter, ont reconnu les participants à la réunion.
De loin, l’événement de Lomé a été suivi par de jeunes exilés du Mali, du Niger et du Burkina Faso en Europe, réunis au sein de l’Alliance des démocrates du Sahel (ADS). Pour eux, le retour à la démocratie dans l’espace sahélien est également nécessaire pour obtenir la paix.
Lomé veut être un pont entre l’AES et la Cédéao
Le Togo se positionne comme un pont entre l’AES et la Cédéao. Lomé a certes accueilli des pays de l’Alliance des États du Sahel, et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Mais aussi des partenaires de tous horizons, dont, fait rare, la France et la Russie. Lomé veut désormais jouer le rôle de relais entre l’AES et les pays de la sous-région. Un choix assumé à Lomé et une satisfaction au Sahel.
Dans ce mini-sommet diplomatique sur la nouvelle stratégie du Togo au Sahel, Lomé veut s’imposer comme le médiateur, voire même l’entremetteur naturel entre la confédération sahélienne et le reste du monde.
Depuis que le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont rompu avec la Cédéao et que la vague terroriste s’étend au point d’atteindre les voisins, la diplomatie togolaise veut contribuer à la stabilité régionale autant par la médiation politique que par la coopération économique et sécuritaire.
Une initiative saluée par l’AES, dont le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop. « Dans un premier temps et de façon pragmatique, il est possible d’envisager des collaborations sur une base bilétérale, là où c’est possible, là où il y a la confiance. Aujourd’hui, entre le Burkina Faso et le Togo, il y a le travail qui se fait, avec le Ghana, avec d’autres pays, là où c’est possible. Et travailler plus tard à élargir la base de la confiance parce qu’on n peut pas assurer la sécurité ensemble si nos pays ne se font pas confiance ».
Le diplomate malien ne s’est pas privé de dénoncer, sans les citer, « des États de la région et des puissances extérieures qui soutiennent et financent le terrorisme », tout en insistant sur la nécessité de « partager la même définition du terroriste ». « Travailler avec le Sahel exige un nouvel état d’esprit », a souligné Abdoulaye Diop.
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