Tchad: le principal parti d’opposition réclame une enquête après la mort d’un de ses militants

Au Tchad, Les Transformateurs demandent « qu’une enquête urgente soit ouverte » après que des coups de feu, ayant entraîné la mort de l’un de leurs militants, ont eu lieu ce 29 avril près de leur siège, alors que ce parti d’opposition célébrait son huitième anniversaire. « Lorsque le meeting s’est bien passé dans la discipline et que tout est bien terminé sans aucun dégât, pourquoi vouloir semer des troubles à ce stade-là ? Il y a eu des gens en tenue civile, dans des voitures banalisées, qui ont fait ces dégâts », a souligné le secrétaire général de la formation.
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Au Tchad, un militant des Transformateurs a succombé ce jeudi matin 30 avril à ses blessures. Il avait été touché la veille par des coups de feu tirés près du siège du parti d’opposition qui célébrait son huitième anniversaire. Trois autres militants ont été blessés, dont l’intendant du parti, kidnappé par des hommes circulant dans une voiture banalisée, avant d’être déposé plus tard à l’hôpital.
Le Docteur Tog-Yeum Nagorngar, secrétaire général des Transformateurs, lâche, au micro de François Mazet : « C’est difficile pour nous de pouvoir trouver une explication à cette barbarie. Il y a eu des gens en tenue civile, dans des voitures banalisées, qui ont fait ces dégâts. On ne sait pas d’où ils sortent, qui ils sont. Et c’est pour cela d’ailleurs que nous demandons qu’une enquête soit ouverte pour déterminer les auteurs de ces actes-là. Lorsque le meeting s’est bien passé dans la discipline et que tout est bien terminé sans aucun dégât, pourquoi vouloir semer des troubles à ce stade-là ? On ne sait pas. »
Il poursuit : « Nous voulons que ce pays se redresse et aille de l’avant. Nous sommes toujours prêts à œuvrer dans ce sens-là, malgré tous les obstacles sur notre chemin. Nous n’avons pas changé d’option. C’est un système qui est en place et il y a des gens qui sont tellement dans le faux, dans le tordu, qu’ils se sentent tout de suite menacés lorsqu’il faut faire les choses selon les règles. Et je crois que ce sont ces oiseaux de mauvais aloi-là qui sont en train de créer ces situations de chaos que vous voyez. »
Dans un communiqué publié ce jeudi, le ministre de la Sécurité publique parle de blessures causées par des « tirs de sommation » consécutifs à une altercation entre militants et agents en patrouille. Il assure que les agents en question ont été interpellés et mis à disposition des enquêteurs.
Un message du leader en prison Succès Masra
Par ailleurs, un message de Succès Masra, emprisonné depuis près d’un an, a été diffusé à l’occasion de l’anniversaire du parti. Dans ce texte, l’opposant se dit toujours « disposé » à travailler avec le président du Tchad, Mahamat Idriss Déby.
En août dernier, l’ancien Premier ministre a été condamné à 20 ans de prison ferme par le tribunal de grande instance de Ndjamena. Il a été reconnu coupable de « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe » et de « complicité de meurtre » dans le cadre du drame de Mandakao où 42 personnes ont été tuées en mai dans un conflit intercommunautaire.
Économiste formé en France et au Cameroun, Succès Masra, 41 ans, avait été nommé Premier ministre cinq mois avant l’élection présidentielle de mai 2024 à laquelle il s’était porté candidat face au président Mahamat Idriss Déby Itno, proclamé vainqueur avec plus de 60% des suffrages.
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