RDC: l'arrivée de migrants expulsés des États-Unis suscite des questions

En République démocratique du Congo (RDC), un premier groupe de migrants, venus des États-Unis, est arrivé, à Kinshasa, vendredi 17 avril, suite à un accord signé avec l’administration américaine. D’autres arrivées pourront avoir lieu dans les prochains jours et d’ores et déjà, des questions se posent.
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Deux jours après leur arrivée en RDC, les migrants expulsés des États-Unis continuent de susciter des questions. En cause : la base juridique de cet accord d’accueil, mais aussi le statut des personnes concernées.
Quinze migrants, de nationalité péruvienne, colombienne et équatorienne, ont été transférés cette semaine à Kinshasa, mais qui sont-ils ? Et surtout, sous quel statut ont-ils été envoyés ? En effet, pour les juristes, l’absence de clarté sur leur situation pourrait déjà constituer une violation de leurs droits.
« Ce projet pose réellement un problème juridique, parce que ces individus ont été appréhendés aux États-Unis sous le statut de demandeurs d’asile, mais leur demande d’asile n’a pas encore été examinée et on les transfère vers la RDC.
Or, le droit international l’interdit. Voilà pourquoi nous disons que c’est illégal. On doit d’abord répondre à leur demande d’asile et savoir quel est leur statut en RDC. En RDC, ils n’ont violé aucune loi et on ne peut donc pas les détenir. Il n’y a aucun accord de coopération entre les États-Unis et la RDC qui prévoit que des personnes ayant violé des lois américaines puissent être jugées ou purger leur peine en RDC. Toutes ces questions restent floues en droit, et le gouvernement doit nous éclairer pour que ces personnes puissent être en mesure de défendre leurs droits », explique Maître Hubert Tshiswaka, directeur de l’Institut de recherche en droits humains.
« Un très mauvais exemple »
De son côté, la coalition Lamuka rejette cet accord avec les États-Unis. Pour son porte-parole, Prince Epenge, ces premières expulsions vers la RDC créent un précédent dangereux.
« Ces migrants n’ont jamais choisi le Congo comme destination finale. Ils avaient choisi les États-Unis qu’ils avaient considéré comme un pays censé les protéger. En acceptant de déporter ces migrants au Congo, Félix Tshisekedi [président de la République démocratique du Congo] sera coupable de la violation de la Convention de Genève de 1951 relative à la protection des réfugiés. C’est un très mauvais exemple parce que, demain, la Belgique peut aussi décider de refouler tous les Congolais parce que Félix Tshisekedi a envoyé un très mauvais message à tous les pays du monde qu’ils peuvent eux aussi refouler les Congolais qui sont à l’extérieur », a tenu à souligner Prince Epenge de la coalition de l’opposition Lamuka.
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