RDC: ce que préconise un rapport parlementaire sur la sécurisation des sites miniers

Le 27 avril, l’Inspection générale des mines annonçait la création d’une Garde minière paramilitaire de plus de 20 000 hommes, financée à 100 millions de dollars, en République démocratique du Congo (RDC). Cinq jours plus tôt, la Commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale adoptait un rapport, jusque-là confidentiel, sur la défense, la sécurité et les finances publiques, après avoir auditionné en décembre cinq membres du gouvernement, dont le représentant du ministère des Mines. Sur la question de la sécurisation des sites miniers, les recommandations des députés vont dans un sens différent.
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Les députés ont relevé des constats précis : des militaires illégalement présents dans les sites miniers en République démocratique du Congo (RDC), une exploitation illicite des ressources, une police des mines insuffisante, et des problèmes de traçabilité des minerais.
Sur la présence des militaires, la position du ministère des Mines est claire : la sécurisation des sites relève exclusivement de la police des mines. Les militaires ne peuvent intervenir qu’en cas exceptionnel, temporaire, et justifié par des menaces graves à l’ordre public ou à la sécurité nationale. Toute autre présence d’hommes en uniforme sur un site minier est qualifiée d’inacceptable.
Privilégier la police des mines
Pour y remédier, le ministère indique vouloir mener des échanges avec le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur. Car la formation de la police des mines est de la compétence du ministre ayant l’Intérieur dans ses attributions. Un renforcement de ses capacités techniques et matérielles est ainsi présenté comme indispensable avant tout déploiement, par le gouvernement et les partenaires techniques et financiers.
Sur les causes de l’insécurité dans le secteur, le ministère des Mines a estimé que la solution réside dans la gouvernance, la traçabilité, la formalisation de l’exploitation minière artisanale et la neutralisation des groupes armés.
Les recommandations adoptées par les députés : interdire formellement les militaires dans les sites, renforcer les capacités opérationnelles de la police des mines, fermer les sites illégaux, faire respecter le Code minier, veiller sur la traçabilité des minerais. Et pas une ligne sur une garde minière.



