Mort de Ras Natty Baby, un des inventeurs du seggae mauricien

Un des fondateurs du seggae mauricien, Ras Natty Baby, est décédé à l’âge de 71 ans des suites de complications cardiaques le 26 avril 2026.

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Ras Natty Baby, né le 14 avril 1954 à Rodrigues, l’une des îles de l’archipel des Mascareignes, est une figure majeure de la culture mauricienne. Enfant, il commence déjà à chanter et, à l’aube de ses 20 ans, il ressent le besoin de vivre de nouvelles expériences et de tenter l’aventure.

Arrivé à Maurice en 1973, il s’installe dans les quartiers populaires de Port-Louis. Là, entouré d’amis créoles, il fréquente le GOST (Groupement Ouvrier Sans Travail), un lieu de rencontre où l’on partage des cassettes et des instruments. Le sega est très présent, mais c’est du côté de Bob Marley et du reggae que le jeune homme se tourne rapidement : ce courant musical venu de Jamaïque correspond davantage à son état d’esprit et à ses aspirations.

Avec son groupe, les Natty Rebels, Ras Natty Baby adopte les rythmes jamaïcains et tente de se faire une place. Pourtant, à Maurice, le reggae reste marginalisé. Malgré cela, ils persévèrent. Leurs concerts improvisés, avec peu de moyens, finissent par attirer l’attention du public et de la presse, grâce à l’émergence d’un nouveau style : le seggae, fusion du sega et du reggae.

C’est son ami Kaya, autre figure du seggae, mort en détention en février 1999, qui lance véritablement ce courant musical avec un premier album, Seggae Nu Lamizik. Quelques mois plus tard paraît celui de Ras Natty Baby, Nuvel Vizion, en 1990. Deux albums fondateurs d’un mouvement que l’auteur-compositeur et chanteur fait vivre ensuite à travers une douzaine d’albums et de nombreux titres comme « Therapie Mizical », « Lévé Mo Pep » ou « L’Injustice ».

Inspiré par le rastafarisme, l’homme utilise son art pour dénoncer les injustices sociales, la pauvreté et les inégalités. Il se définit comme un rebelle et milite toute sa vie pour les droits des artistes et des plus marginalisés. Ses messages forts dépassent les clivages générationnels et il reste sans doute une figure marquante de la musique mauricienne.

 

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