Mali: les autorités tentent de rassurer, les Russes accusés «de trahison à Kidal»

Deux fortes détonations entendues dans le quartier de l’aéroport à Bamako

Deux fortes détonations ont été entendues dans la soirée de lundi près de la zone aéroportuaire située dans le quartier de Sénou, en périphérie de Bamako, sans qu’il soit possible d’en identifier l’origine à ce stade. Selon un correspondant de l’AFP qui se trouve sur place, la situation est ensuite revenue au calme. 

Peu avant, un convoi de pickups et de camions de transport de troupes s’était dirigé à vive allure vers l’aéroport, toujours selon l’AFP. Un appareil militaire a également momentanément survolé la zone.

  

Gao, la plus grande ville du nord du Mali, tente de reprendre une vie normale

Le contexte dramatique des attaques menées ce week-end au Mali par des jihadistes et la rébellion touareg continue de susciter de vives réactions. À Gao, la plus grande ville du nord du pays, la vie reprend petit à petit son cours, mais ces attaques ont causé d’importants dégâts, notamment aux postes de contrôle du pont de Wabariya et de Bourem. À la suite de ces événements, un habitant de Gao a exprimé son incompréhension à Ibrahim Sory.

Le Premier ministre malien tente de rassurer la population

Au Mali, alors qu’un certain calme semble être revenu après les attaques du week-end, le Premier ministre Abdoulaye Maïga s’est adréssé à la presse ce lundi 27 avril. Il a rendu hommage au ministre de la Défense Sadio Camara, mort à la suite d’un attentat-suicide à Kati. Également pour rassurer la population. Il n’a, en revanche, pas donné plus de précisions quant au silence du président Assimi Goïta depuis le début des attaques. Attaques qui n’ont en rien entamé, selon lui, la détermination des autorités.

«Les Russes nous ont trahis à Kidal», affirme un officiel malien

Les hommes de l’Africa Corps ont donc quitté Kidal, dans le nord, avec leur matériel. La ville est sous contrôle total du Jnim et du FLA. Un échec qui ne passe pas auprès d’un officiel malien, qui s’est exprimé auprès de notre correspondant régional, Serge Daniel.

Selon cet officiel, « les Russes nous ont trahis à Kidal ». D’après lui, le gouverneur de la région a prévenu les mercenaires russes « trois jours avant l’attaque, et ils n’ont rien fait ». En réalité, ils avaient déjà négocié leur départ. Les Russes ont quitté Kidal, mais dans d’autres localités du nord, ils seraient également sur le départ. Ce qui fragiliserait encore davantage les troupes régulières.

L’Algérie réaffirme son soutien à l’unité du Mali en rejetant le terrorisme

Selon Ahmed Attaf, le chef de la diplomatie algérienne : « L’Algérie réaffirme sa position fixe, soit son rejet catégorique de toutes les formes et manifestations de terrorisme, qui ne sauraient être justifiées ni tolérées, quels que soient ses motifs ou ses causes, une position renforcée par la propre expérience douloureuse de l’Algérie face à ce fléau ». 

Le ministre algérien des Affaires étrangères n’a pas évoqué une quelconque médiation d’Alger pour le retrait des Russes de Kidal et d’autres localités au nord du Mali, comme l’a expliqué à Houda Ibrahim de RFI, Akram al Kharif, chercheur et journaliste spécialisé en défense et sécurité.

« Il n’y a rien d’officiel, mais c’est tout à fait envisageable que dans cette volonté de chercher des solutions pacifiques, il y a eu peut-être une intermédiation algérienne entre les Russes et le Front de libération l’Azawad pour permettre un retrait en bon ordre des éléments de l’Africa corps. Il y a des canaux de communications, les relations entre Alger et la Russie sont bonnes. C’est tout à fait envisageable même si ça n’a pas été clairement indiqué d’aucun côté ».

Selon Akram Khraif, la balle est maintenant du côté de la junte militaire au Mali pour un retour à l’accord d’Alger.

La France exprime sa «préoccupation face aux récents développements» au Mali

La France a exprimé lundi 25 avril « sa préoccupation » après les attaques d’ampleur inédites perpétrées au Mali par les rebelles touareg et la branche sahélienne d’al-Qaïda, a indiqué une source diplomatique française. « Elle condamne avec la plus grande fermeté les violences commises à l’encontre des civils » et exprime « sa solidarité à l’égard de la population malienne », a indiqué la même source.

La France « est également attentive à la sécurité de ses ressortissants sur place » et les appelle à la plus grande prudence. Sans citer la junte au pouvoir depuis le coup d’État de 2020 et son chef le général Assimi Goïta, qui n’a pas été vu depuis samedi, la France souhaite « qu’une paix et une stabilité durables soient instaurées au Mali ».

Le silence du chef de la junte malienne continue d’inquiéter

La réaction plutôt limitée de la junte malienne après les attaques coordonnées et sans précédent des jihadistes du Jnim et de la rébellion touareg du FLA continue d’inquiéter au Mali. Le chef de la junte, Assimi Goïta, reste invisible depuis samedi dernier et silencieux après avoir été placé en sécurité. Comment l’expliquer ? C’est ce que tente d’analyser Jean-Hervé Jézéquel directeur du projet Sahel à International crisis group qui était l’invité de Nicolas Sur dans Afrique midi.

L’Alliance des États du Sahel réagit à minima

Le Niger et le Burkina Faso, les deux pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) alliés du Mali, ont réagi dans un communiqué mais n’ont envisagé aucune intervention pour aider la junte malienne.

🔎 Mali: après les attaques du FLA et du Jnim, la guerre de l’information se poursuit

Sept villes attaquées, le ministre de la Défense Sadio Camara tué dans sa résidence : les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à al-Qaïda, et le mouvement séparatiste touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont lancé une vaste offensive ce week-end au Mali. Si un certain calme semble être revenu sur place, la désinformation, elle, se poursuit sur les réseaux sociaux.

Le Premier ministre malien au chevet des blessés des attaques de ce week-end

Le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, s’est rendu au CHU de Bamako, au chevet des personnes blessées lors de l’attaque d’ampleur à Kati, le samedi 25 avril.

Membre de la junte qui avait pris le pouvoir en août 2020, il était également accompagné de Malick Diaw, qui faisait partie des putschistes et actuellement président du Conseil national de la Transition.

[🔎 À lire aussi] Burkina Faso: le gouvernement annonce la création d’une nouvelle réserve militaire «pour défendre la patrie»

Le ministre burkinabè de la Guerre, Célestin Simporé, a présenté en Conseil des ministres, vendredi 24 avril, un projet de loi pour la constitution d’une réserve militaire. Selon le ministre, le texte prévoit le recrutement et la formation de 100 000 réservistes d’ici la fin de l’année 2026, dans le cadre de la lutte contre les groupes terroristes. Le gouvernement avait déjà créé les Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP).

🔎 La situation à la mi-journée de ce lundi avec notre correspondant régional, Serge Daniel

À Kati, en lisière de Bamako, des témoins ont observé que des barricades et des militaires en armes bloquent encore l’accès au camp Soundiata Keïta, l’une des plus grandes bases des forces armées maliennes. L’annonce de la mort de Sadio Camara a été un réel choc parmi la population de cette ville-garnison. Des habitants ont témoigné qu’il s’agissait d’une deuxième attaque pour eux, et n’ont pas manqué de présenter leurs condoléances. À quelques kilomètres de là, la capitale malienne, relativement épargnée, est restée calme.

En revanche, au centre du Mali, des habitants ont aperçu, proche d’une sortie au nord de Sévaré, des hommes en armes, visiblement des jihadistes, en train de parader sur un ruban de bitume. Et si la situation reste calme à Gao, les rebelles de l’Azawad, main dans la main avec les jihadistes du Jnim, s’organisent à Kidal. Ils ont installé leur quartier général du gouvernorat, là où le El Hadj Ag Gamou, gouverneur de Bamako avaient ses bureaux. 

Des soldats maliens se tiennent près d’un camion lors d’une patrouille menée à la suite de l’attaque contre la principale base militaire du Mali, à Kati, près de la capitale Bamako, le 27 avril 2026. Photo prise avec un téléphone portable. (Stringer/Reuters)

🔎 Comment les mercenaires de l’Africa Corps ont-ils été évacués de Kidal ?

Les mercenaires de l’Africa Corps ont annoncé ce lundi avoir quitté la ville de Kidal « conformément à la décision conjointe des dirigeants de la République du Mali ». Samedi, alors que les combats étaient au plus haut, et contraints de se replier dans leur base du sud de Kidal, les hommes d’Africa corps ont entamé des négociations avec les assaillants, sans doute par l’entremise d’une médiation étrangère. Les discussions ont abouti dimanche au départ de plusieurs véhicules, comme l’ont attesté des vidéos.

Les hommes d’Africa corps ont quitté Kidal avec leur matériel militaire lourd, selon les images, et ont incendié le reste de leur équipement. Après avoir longtemps nié tout repli hier, le groupe a finalement communiqué : « le personnel continue d’effectuer ses taches de combat, la situation au Mali demeure complexe » a-t-il écrit ce matin sur les réseaux sociaux.

Selon certaines sources, les Russes étaient une grosse centaine à Kidal, avec plusieurs dizaines de soldats maliens. Kidal avait, pour la Russie, un intérêt plus symbolique que stratégique. On se souvient qu’au moment de la prise de la ville en novembre 2023, le drapeau de Wagner avait été hissé sur le fort. Une image massivement relayée.

Selon Lou Osborn, du collectif d’investigation All Eyes on Wagner, il y aurait aujourd’hui 2 500 supplétifs russes au Mali, comptant sur une vingtaine de bases et d’avant-postes. Le coût exact pour Bamako de la présence russe depuis fin 2021 n’est pas connu : en février dernier, Jeune Afrique l’avait estimé à 900 millions de dollars. Un chiffre à diviser par deux, selon Lou Osborn.

🎧 À Mopti, «Nous demandons toujours aux autorités militaires de tout mettre en œuvre pour que la population retrouve la quiétude»

Un habitant de la ville de Mopti contacté par RFI a décrit un état de choc parmi la population. Si la population vaque de nouveau à ses occupations, il demande à l’armée de redoubler d’efforts afin que la vile de Mopti soit sécurisée et stabilisée.

Le Ghana demande à ses ressortissants de suspendre leur voyage vers le Mali

Dans un communiqué daté du dimanche 26 avril, mais partagé en début d’après-midi ce lundi, le ministère ghanéen des Affaires étrangères a exprimer son « inquiétude » au sujet de « l’escalade de la situation sécuritaire dans la région du Sahel et plus particulièrement au regard des récentes attaques terroristes coordonnées » au Mali.

Accra rappelle que « l’extrémisme violent ne peut avoir sa place dans notre monde et que nous devons accroître nos efforts collectifs pour éradiquer ces horreurs ». Pour le moment, le gouvernement ghanéen demande aux transporteurs et commerçants en direction du Mali à suspendre leurs déplacements.

🎧 Quel regard portent les pays voisins de l’AES sur ce week-end de violences ?

Les événements du week-end au Mali sont regardés avec inquiétude par les pays de la sous-région, à commencer par les deux voisins membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Jean-Hervé Jézéquel est directeur du Projet Sahel de l’organisation International Crisis Group basé à Dakar, au Sénégal. Joint dimanche 26 avril, on l’écoute au micro d’Amélie Tulet.

🔎 Qui était Sadio Camara, le ministre malien de la Défense tué dans un attentat contre sa demeure, samedi

Sadio Camara était le numéro deux de la junte. Issu de la Garde national, dont il avait réussi à mobiliser les éléments pour le coup d’État d’août 2020, c’est lui qui avait procédé aux arrestations des principaux responsables des institutions comme le président de l’Assemblée nationale ou encore des ministres, rappelle notre correspondant régional, Serge Daniel, qui avait couvert ces évènements.

À cette période, il suivait un stage en Russie. Il a en réalité été l’architecte de la venue des mercenaires de Wagner, désormais Africa Corps. À l’époque, la ministre française des Armées, Florence Parly, l’avait rencontré dans l’optique de le dissuader de signer ce contrat avec les Russes. Des arguments qui n’avaient pas fait mouches, les éléments de Wagner ayant atterri à l’aéroport de Bamako à la fin de l’année 2021. 

🎧 La situation sécuritaire au Mali préoccupe aussi les routiers

Au volant de son camion plateau, Salif s’apprête à passer sur le pont-bascule à la sortie d’Abidjan. Le chauffeur ramène un container et sa marchandise. « Prochainement je dois aller au Mali, jusqu’à Bamako, je vais y arriver », raconte-t-il à notre correspondant en Côte d’Ivoire, Benoît Almeras. Mais hors-micro, le jeune homme se dit inquiet après les attaques du weekend, comme beaucoup de ses collègues.

Parmi eux, les chauffeurs de camions-citernes, récemment ciblés par les jihadistes du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (Jnim, selon son acronyme arabe). Amid va prendre la route du nord, avec une cargaison d’essence. En plus d’une prime de risque, il compte sur l’escorte de l’armée malienne, garante de sa sécurité. « Il faut partir avec le convoi, que l’on doit obligatoirement attendre », raconte le chauffeur.

La Côte d’Ivoire est le principal fournisseur du pays du Sahel, notamment grâce aux centaines de camions qui rallient chaque jour Bamako à partir du port d’Abidjan. Mais l’offensive des djihadistes du Jnim réveille les craintes d’embuscades. Sur le parking de la station de pesage, des dizaines d’apprentis patientent près de leurs poids-lourds, à l’image de Moussa. Il se rend au Mali à contrecœur. « Mais je n’ai pas le choix, c’est le travail, mais en vérité on a peur », se résigne Moussa. Au dernier trimestre 2025, plus de 25 000 camions ont transité entre le Mali et la Côte d’Ivoire.

🎧 La diaspora malienne à Dakar s’inquiète

La diaspora malienne au Sénégal reste suspendue à l’évolution de la situation sécuritaire au Mali. La tournure des événements plonge une famille malienne dans l’angoisse, que notre correspondante à Dakar, Pauline Le Troquier, a rencontrée dans le quartier de Grand Yoff.

Dans le salon familial, en même temps qu’elle tresse l’une de ses cousines, Aminata, elle, est accrochée à son téléphone. Une partie de sa famille habite dans la région de Sikasso dans le sud du Mali. Elle redoute la nouvelle d’une attaque survenue dans la zone : « Ce n’est pas facile d’être à Dakar. Tout le temps, je suis les informations sur TikTok et Facebook. J’espère que la paix va revenir vite. »

Ces dernières 24 heures, l’angoisse est montée d’un cran. La tournure des évènements accentue le sentiment d’une situation hors de contrôle chez Sekou, étudiant malien à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) : « Les attaques sont partout, cela peut arriver n’importe où et n’importe quand. Sachant que Kati est l’une des villes les plus sécurisées du Mali, savoir qu’elle est attaquée me fait extrêmement de la peine. »

Pour l’heure, l’étudiant arrive à joindre facilement sa famille. Toute la journée, son téléphone est inondé de notifications liées aux attaques. Ici à Dakar, Sekou se sent déconnecté de son quotidien : « On est là physiquement, mais le cœur est toujours au Mali. Après mes études, que va-t-on trouver au Mali dans quelques années ? Cela nous inquiète vraiment. » À l’est du Sénégal, au niveau de la ville de Kidira, près de la frontière avec le Mali, la situation était calme dimanche soir selon des sources locales.

🔎 Avec la chute de Kidal, rebelles indépendantistes et jihadistes officialisent leur collaboration

Au nord, à Kidal, le Front de libération de l’Azawad (FLA), groupe autonomiste, a revendiqué la prise de Kidal. À leurs côté, les jihadistes du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM).

C’est la première fois que rebelles et jihadistes s’affichent de façon officielle, avec des objectifs affichés conjointement. Selon notre spécialiste du Mali, David Baché, les deux groupes gèrent actuellement la ville de Kidal même si, avec des intérêts divergents, il est pour le moment difficile de prédire comment cette collaboration va évoluer. D’un côté, le GSIM, ou JNIM selon son acronyme arabe, affiche depuis longtemps des aspirations de conquête territoriale et politique pour instaurer la Chariah sur différents pays d’Afrique de l’Ouest tandis que les rebelles souhaitent l’indépendance des régions du nord du Mali, appelées l’Azawad.

Ce n’est pour autant pas la première fois que les indépendantistes du nord collaborent avec les djihadistes. En mai 2024, ils avaient entamé des discussions dans l’optique d’établir un pacte de non-agression pour continuer leurs activités respectives, qui convergeaient dans la lutte contre les éléments de Wagner, maintenant Africa Corps. Quelques mois plus tard, une attaque d’ampleur contre les troupes de Wagner avait eu lieu à Tinzaouatène en juillet 2024. De nombreux soldats blancs avaient alors perdu la vie.

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