Madagascar: le nouveau maire d'Antananarivo installé dans une cérémonie aux accents politiques

À Antananarivo, la capitale malgache, le parti TIM de l’ancien président Marc Ravalomanana vient de reprendre les commandes de la mairie. Mardi 21 avril, Fenoherintsoa Ralambomanana, député du troisième arrondissement, a été officiellement installé comme « président de la délégation spéciale » dans une cérémonie à l’ambiance très politique. Le parlementaire devra désormais assurer la gestion intérimaire de la commune, après l’annulation, il y a un mois par le Conseil d’État, de l’élection municipale de décembre 2024.
Publié le :
2 min Temps de lecture
Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud
La salle de l’Hôtel de Ville d’Antananarivo était archicomble ce mardi. Personnalités politiques, partisans surexcités, acclamations nourries à chaque prise de parole : la passation de pouvoir entre l’adjointe au maire et le nouveau président de la délégation spéciale, Fenoherintsoa Ralambomanana, avait tout d’un meeting de parti. « C’est une tâche pas facile, mais bon, je la prends avec plaisir », reconnait le nouvel édile, « le travail qui m’attend, ce sera la gestion des ordures, des routes abîmées, et surtout des marchés sauvages, je le prends comme un défi. »
Lalao Ravalomanana, mairesse de la capitale de 2015 à 2020 et épouse de Marc Ravalomanana, a préféré botter en touche concernant le profil et l’attitude du nouveau maire par intérim. « On va voir ce qui va se passer », répond, évasive, l’ancienne première dame. Et quant à la question de savoir de qui le nouveau maire prendra les ordres, « je ne le sais pas », rétorque-telle.
À lire aussiMadagascar: la présidence dénonce des menaces contre le Président de la Refondation
Car cette nomination soulève des questions. Le conseil municipal avait proposé deux noms, tous deux rejetés. C’est finalement Michael Randrianirina, président de la Refondation, qui a désigné ce député dans des conditions jugées opaques jusque chez plusieurs parlementaires intimes du nouveau PDS.
« Il est très proche de Ravalomanana, mais il n’est pas loin de Michael non plus », affirme un premier. Un autre regrette ouvertement qu’au lieu de nouvelles élections – pourtant prévues par le Conseil d’État en cas de vacance de poste constatée moins de douze mois avant la fin du mandat – ce choix se soit fait de manière peu transparente.
Face à la presse, Fenoherintsoa Ralambomanana a affiché ses priorités : « Une ville sans discipline ne connaîtra jamais l’ordre », a-t-il déclaré, appelant à l’effort collectif pour assainir Antananarivo et lui redonner son statut de première ville du pays. Reste à savoir si cette nomination ambiguë lui laissera les mains libres pour gouverner. Le Conseil d’État n’a pas encore précisé la date du nouveau scrutin.
À lire aussiÀ Madagascar, le président de la Refondation affiche une main tendue à la jeunesse



