Ile Maurice: Pression persistante sur le secteur du bâtiment

Les coûts de construction continuent d’évoluer à la hausse, confirmant les tensions inflationnistes qui pèsent sur le secteur du bâtiment.
Selon le Construction Price Index publié par Statistics Mauritius pour le premier trimestre 2026, l’indice des coûts des intrants pour la construction d’une maison individuelle a atteint 151,6 en mars, contre 145,1 un an plus tôt, soit une progression d’environ 4,5 %. Cette tendance traduit une forte pression sur les matériaux et la maind’oeuvre, avec des implications directes pour les promoteurs, les ménages et l’investissement.
Le premier trimestre 2026 a été marqué par une nette accélération. En janvier, l’indice a progressé de 1,6 %, porté notamment par la compensation salariale et la hausse des prix de plusieurs intrants clés. Les coûts du travail ont augmenté de 2,2 %, tandis que certains matériaux – béton prémélangé, ouvertures en aluminium et éléments de menuiserie – ont enregistré des hausses significatives. Février a connu une progression plus modérée, mais mars a de nouveau vu les prix s’accélérer sous l’effet de la hausse des coûts des agrégats, des blocs, des barres d’acier et d’autres composantes essentielles.
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Cette évolution est, selon Statistics Mauritius, révélatrice d’un phénomène plus structurel qu’occasionnel. Les tensions ne concernent pas seulement les finitions, mais touchent les fondations mêmes du bâtiment, notamment les matériaux liés au grey building.
Cela laisse penser que les pressions sur les coûts pourraient se maintenir, d’autant que les facteurs externes – fluctuations des matières premières, coûts logistiques et conditions d’approvisionnement – restent incertains.
Pour les ménages, cette hausse des coûts pose la question de l’accessibilité au logement. Construire devient plus cher, ce qui peut alourdir les budgets des particuliers ou ralentir certains projets résidentiels. Pour les promoteurs et les entreprises du secteur, ces augmentations peuvent comprimer les marges ou nécessiter une révision des prix des projets en cours.
Au-delà du secteur immobilier, cette tendance revêt également une dimension macroéconomique. Le bâtiment étant un pilier important de l’investissement, l’augmentation des coûts peut avoir des répercussions sur les projets d’infrastructure publique comme sur la dynamique de croissance.
L’évolution récente du Construction Price Index confirme ainsi que le secteur fait face à une nouvelle phase de pressions sur ses coûts. Reste à savoir si cette hausse est transitoire ou si elle annonce une inflation plus durable dans l’économie de la construction.



