Ile Maurice: Malaise grandissant face aux allocations impayées

Le mécontentement monte au sein du Mauritius Fire and Rescue Service. En cause : plusieurs allocations qui, selon les principaux concernés, n’ont toujours pas été versées. Une situation qui alimente frustration et démotivation chez ces professionnels appelés quotidiennement à assurer des missions essentielles.
Pour Ashraf Buxoo, Acting General President de la Government Services Employees Association, il s’agit d’un problème récurrent qui tarde à trouver une issue. Face à cette impasse, le syndicat a adressé une correspondance au Premier ministre qui est également ministre des Finances, Navin Ramgoolam, ainsi qu’au ministre des Collectivités locales, Ranjiv Woochit, afin d’obtenir des explications et surtout, des solutions concrètes.
Selon le syndicaliste, plusieurs mois se sont écoulés depuis les premières revendications, sans avancée notable. «Il y a plusieurs arriérages qui n’ont pas été payés», déplore-t-il, évoquant notamment les allocations liées aux jours fériés et aux dimanches travaillés. Si la demande n’est pas d’obtenir un paiement immédiat, un délai raisonnable est toutefois attendu. «Au bout de trois mois, les montants dus devraient pouvoir être versés», insiste-t-il.
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Dans le détail, certaines allocations seraient en suspens depuis août 2025, notamment celles liées aux jours fériés. Quant aux Sunday allowances, elles n’auraient toujours pas été versées depuis décembre dernier. Une situation difficile à accepter pour ces agents qui, au-delà de leurs horaires réguliers, restent mobilisés dans diverses circonstances.
Contrairement à d’autres corps de métier, les sapeurs-pompiers ne fonctionnent pas sur un système classique d’heures supplémentaires. Ils opèrent plutôt à travers un dispositif interne, souvent désigné comme une Bank of Fire Fighters, qui permet de gérer les disponibilités en cas de besoin. Cela inclut notamment des périodes de stand-by, en particulier lors d’événements organisés au Swami Vivekananda International Conference Centre. Là encore, des prestations effectuées depuis novembre 2025 n’auraient toujours pas été rémunérées.
Des retards accumulés et des interrogations budgétaires
Au coeur des préoccupations, la question des ressources financières. Selon certaines sources, les budgets initialement alloués à ces indemnités auraient déjà été épuisés, laissant peu de marge pour honorer les paiements en attente. Une situation qui ne serait pas inédite. «Ce n’est pas la première fois que nous faisons face à ce problème», souligne-t-on du côté syndical, où l’on s’interroge sur la gestion des enveloppes budgétaires.
L’idée d’un budget supplémentaire est ainsi avancée comme piste de solution afin de permettre le paiement des allocations jusqu’à la fin de l’année financière. D’autant que ces compensations auraient été validées en amont par le Pay Research Bureau, ce qui renforce le sentiment d’incompréhension chez les employés concernés.
À l’approche de la Fête des mères, l’appel lancé par le syndicat se veut également humain. Derrière ces retards de paiement, ce sont des hommes et des femmes qui sacrifient régulièrement leurs week-ends et jours fériés, au détriment de leur vie familiale. «Les sapeurs-pompiers travaillent alors qu’ils pourraient être auprès de leurs proches», rappelle Ashraf Buxoo.
Des démarches ont été entreprises pour obtenir une rencontre avec le junior minister aux Finances, Dhaneshwar Damry, mais à ce jour, aucune réponse officielle n’a été communiquée. Le syndicat envisage de relancer les autorités et espère l’intervention du Premier ministre afin d’accélérer le processus.
En attendant, le malaise persiste. Malgré une motivation mise à l’épreuve, les sapeurs-pompiers continuent d’assurer leur mission auprès de la population. Mais pour combien de temps encore dans ces conditions ? La question reste posée.



