Ile Maurice: Le pays révise ses normes de qualité de l'air 28 ans après

Le Conseil des ministres a avalisé vendredi de nouvelles dispositions réglementaires visant à renforcer les normes de qualité de l’air à Maurice, une réforme présentée comme majeure à l’occasion de la Journée de la Terre, célébrée le 22 avril.

Ces nouvelles Environment (Standards for Ambient Air Quality and Stack Emission) Regulations 2026 viennent actualiser un cadre en vigueur depuis 1998, dans un contexte de pressions croissantes liées à l’industrialisation, à l’augmentation du parc automobile et aux émissions polluantes.

Placée cette année sous le thème «Our Power, Our Planet», la Journée de la Terre met au coeur des préoccupations la question de la qualité de l’air, un enjeu de santé publique et de développement économique. Un adulte inhale en moyenne près de 15 000 litres d’air par jour, contre environ 1,5 litre d’eau, rappelant l’importance d’un air sain pour la survie humaine.

Un atelier et une exposition organisés mercredi à l’Université des Mascareignes, à Camp-Levieux, réuniront le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, et celui de l’Enseignement supérieur, Kaviraj Sukon, ainsi que des représentants du secteur public et privé, afin de favoriser la compréhension et l’application de ces nouvelles normes.


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Maurice affiche jusqu’ici un bilan jugé globalement positif. En 2023, le pays figurait parmi les rares États respectant les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé en matière de particules fines. Mais les autorités mettent en garde contre des formes de pollution «invisibles», aux effets sanitaires avérés.

Les nouvelles réglementations introduisent des seuils plus stricts et élargissent le spectre des polluants encadrés, incluant notamment les particules fines PM2.5, le mercure, les dioxines et les furanes. Elles imposent également des exigences techniques renforcées pour certaines installations, notamment les incinérateurs.

Au total, environ 226 entreprises tournées vers l’exportation et 300 opérant sur le marché local seront concernées.Une quarantaine d’incinérateurs situés notamment dans les crématoires, hôpitaux, zones de quarantaine et centrales électriques seront soumis à des contrôles accrus, tout comme des fonderies et unités de galvanisation.

Un délai de six mois est prévu pour permettre aux opérateurs de se conformer aux nouvelles exigences.

Selon les autorités, ces mesures résultent de consultations menées avec plusieurs parties prenantes, dont le secteur privé, afin de concilier impératifs environnementaux et compétitivité économique.

En parallèle, des discussions ont été engagées avec la State Trading Corporation et le ministère du Commerce pour étudier l’introduction de carburants à faible teneur en soufre destinés aux industries locales.

Au-delà du cadre réglementaire, les autorités insistent sur la nécessité d’une application rigoureuse. Le pays dispose désormais d’un réseau de surveillance renforcé, comprenant six stations fixes et plusieurs capteurs intelligents, permettant un suivi continu de la qualité de l’air.

Le National Environmental Laboratory, relevant du ministère de l’Environnement, est chargé de ces mesures, notamment en réponse aux plaintes du public. L’indice de qualité de l’air (AQI), qui couvre six polluants majeurs, est diffusé via une plateforme en ligne et une application mobile.

Malgré ces avancées, la pollution atmosphérique demeure une préoccupation. Elle provient principalement de la combustion d’énergies fossiles, du transport routier, des activités industrielles et de certaines pratiques agricoles, comme le brûlage de résidus de canne.

Selon les données officielles, plus de 900 plaintes liées à la pollution de l’air ont été enregistrées au cours des dix dernières années auprès du ministère de l’Environnement, et plus de 3 400 auprès de la Police de l’environnement.

La majorité des doléances concerne les émissions de poussières issues des chantiers de construction, du nivellement de terrains ou du brûlage de déchets à l’air libre. Les infractions relevées par la police concernent principalement les émissions de fumée noire provenant de véhicules.

Au total, 463 avis d’interdiction ont été émis par la Police de l’environnement.

Pour les autorités, le renforcement des normes constitue une étape nécessaire pour préserver la qualité de l’air, dans un contexte où celle-ci, bien que globalement satisfaisante, reste exposée à des risques croissants.

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