Ile Maurice: Le pays et La Réunion unissent leurs expertises pour moderniser le réseau électrique

Une convention entre Électricité de France (EDF) et le Central Electricity Board (CEB) a été signée le mercredi 22 avril, à Ébène. Elle vise à consolider l’expertise du personnel du CEB dans les domaines de la transmission et de la distribution ainsi que de la production d’électricité en s’appuyant sur l’expertise opérationnelle d’EDF. Cette démarche s’inscrit dans l’objectif national d’atteindre 60 % d’énergies renouvelables d’ici 2035.

L’accord s’inscrit dans le cadre des protocoles établis lors de la visite du président français, Emmanuel Macron, à Maurice en novembre 2025, visant à renforcer la coopération entre les deux îles dans le secteur électrique. Les signataires de la convention étaient le directeur général du CEB, Shamshir Mukoon, et le directeur d’EDF Réunion, Dominique Charzat. Étaient également présents l’ambassadeur de France à Maurice, Frédéric Bontems, et des représentants de l’Agence française de développement (AFD).

Selon Shamshir Mukoon, la signature de cet accord-cadre entre La Réunion et Maurice a été un moment clé pour renforcer la coopération énergétique entre les deux territoires. Cet accord date de l’année précédente et vise à revitaliser les échanges qui avaient été mis en pause. Plusieurs parties prenantes, dont EDF Systèmes énergétiques insulaires (SEI) – une entité spécialisée chargée de la production, de la distribution et de la commercialisation de l’électricité dans les territoires insulaires français (Corse, Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte, Saint-Martin et Saint-Barthélemy) non raccordés au réseau électrique continental -, se sont associées à cet effort, soutenues par l’État français et l’AFD, qui fournit des fonds pour des études sur le réseau électrique.

«Cela permettra d’augmenter la capacité de production, de transmission et de distribution de l’électricité à Maurice, en plus d’améliorer la gestion des systèmes énergétiques existants, notamment ceux liés à l’énergie solaire qui nécessite une expertise technique pointue», a-t-il déclaré.


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L’importance de la coopération entre les deux îles se manifeste également lors d’événements climatiques extrêmes, tels que les cyclones. En effet, en mars 2025, des équipes du CEB s’étaient déplacées à La Réunion pour les soutenir dans les opérations de rétablissement du réseau électrique touché par le passage du cyclone Garance.

Concernant la situation énergétique actuelle à Maurice, le directeur général du CEB a estimé que la crise subie «n’est pas réellement une pénurie d’énergie, mais plutôt une hausse des prix de l’énergie». Ajoutant : «Il y a eu des inquiétudes sur l’approvisionnement, mais une certaine sécurité énergétique est maintenue, avec des coûts d’approvisionnement qui ont doublé. Le pays tente de pallier cette hausse en optimisant son mix énergétique, s’appuyant sur le charbon et le diesel, même si le prix du diesel est influencé par des événements géopolitiques, comme ceux qui se produisent au Moyen-Orient.»

Shamshir Mukoon a expliqué qu’en termes de décarbonation, des efforts sont en cours. Un récent appel d’offres a été lancé pour ajouter 405 mégawatts d’énergie renouvelable, principalement à travers des systèmes photovoltaïques. Il a expliqué que le gouvernement cherche à réduire la part du charbon dans le mix énergétique pour respecter les engagements environnementaux, tout en continuant à proposer des solutions pour atténuer la dépendance au charbon par une transition progressive. La démarche est double : d’une part, augmenter la production d’énergie renouvelable et d’autre part, diminuer l’empreinte carbone en révisant l’utilisation des combustibles fossiles, notamment le charbon.

Antoine Jourdain, directeur d’EDF SEI, a, pour sa part, déclaré que la coopération prendra la forme d’échanges entre techniciens et spécialistes sur divers sujets. Des expertises pourront être réalisées par des professionnels venant de Paris ou d’autres ingénieries spécialisées. «Si besoin, des contrats complémentaires pourraient être signés pour des activités spécifiques. Cela permettra aux deux îles de se comparer et de progresser ensemble, tirant parti des systèmes respectifs, notamment la différence entre les systèmes anglais et français. Cela reflète l’idée que, en travaillant ensemble, les îles peuvent mieux avancer vers leurs objectifs énergétiques communs.»

L’ambassadeur Frédéric Bontems a rappelé que la France est déjà très active via l’AFD, notamment pour les services liés à l’eau et à l’énergie. «Dans le secteur énergétique, nous avons des lignes de crédit pour financer des projets d’adaptation au changement climatique. Au passage du président de la République, Emmanuel Macron, une subvention de 700 000 euros a été accordée pour apporter une expertise technique afin d’adapter le réseau électrique aux énergies renouvelables. Cette coopération est encadrée par la Commission mixte entre Maurice et la Réunion.»

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