Ile Maurice: L'ACIM – «Un ajustement relevant davantage d'un choix politique que d'une analyse approfondie»

Jayen Chellum, secrétaire général de l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM), a tiré, le vendredi 17 avril, la sonnette d’alarme sur les récentes hausses des prix des carburants et leurs répercussions attendues sur le coût de la vie. C’était lors d’une rencontre avec la presse à Bell-Village. Selon lui, les dernières hausses des prix des carburants «relèvent davantage d’un choix politique que d’une analyse technique approfondie». Il demande une révision de la formule actuelle du calcul de ces prix.
En moins de trois semaines, a-t-il souligné, le pays est confronté à une nouvelle augmentation touchant à la fois le diesel et l’essence, deux produits essentiels pour l’économie nationale. Il a rappelé que le diesel, utilisé par la majorité des secteurs industriels et du transport, entraînera inévitablement une hausse généralisée des prix des biens et services.«Diesel tous tou lindistri», a-t-il insisté, évoquant des répercussions en chaîne sur la production, la distribution et la consommation.
Jayen Chellum a également évoqué le contexte géopolitique international, notamment les tensions au Moyen-Orient affectant l’approvisionnement énergétique mondial. Selon lui, la durée de ce conflit influence directement l’évolution des prix pétroliers. «Nous avons devant nous au moins six mois dans une situation incertaine», a-t-il averti.
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S’appuyant sur les derniers chiffres économiques, il a souligné que l’inflation est passée de 2,5 % à 4,2 %, laissant présager de nouvelles hausses d’ici la fin du mois d’avril. Il a estimé que la formule actuelle de calcul des prix des carburants, «basée sur une moyenne de trois mois avant et trois mois après», mérite une révision urgente. Selon lui, la récente décision d’ajustement des prix relève davantage d’un choix politique que d’une analyse technique approfondie.
Le secrétaire général de l’ACIM a aussi plaidé pour davantage de transparence dans la structure des prix, notamment concernant la TVA et les différentes contributions appliquées aux carburants. «C’est notre propre argent qui revient vers nous», a-t-il déclaré, appelant le gouvernement à dévoiler les chiffres et à les mettre «sur la table» afin de trouver des solutions concertées avec les parties prenantes.
Dans ce contexte, il a également fait référence à un article publié le 31 juillet 2024 par le Défi Média indiquant qu’environ Rs 8,8 milliards collectées sous forme de taxes sur les produits pétroliers ont été versées au Consolidated Fund durant l’année financière 2023-2024. Ces recettes comprenaient notamment Rs 4,19 milliards de TVA et Rs 4,58 milliards de droits d’accise.
Une partie des fonds avait aussi été allouée au Price Stabilisation Account, à la Road Development Authority ainsi qu’au financement de subventions sur des produits essentiels comme le gaz ménager, la farine et le riz. Il a rappelé que, selon la ministre Dorine Chukowry, ces contributions visent à soutenir l’État-providence en redistribuant les recettes à la population sous forme d’aides.
Par ailleurs, il a averti que d’autres produits essentiels, tels que le thé, les oeufs, les fertilisants, le plastique ou encore les téléphones portables, «dont certains composants dépendent du gaz néon produit au Qatar» pourraient également subir des hausses.
Pour conclure, Jayen Chellum a rappelé que ces tendances inflationnistes exigent aujourd’hui une réponse rapide, transparente et coordonnée de la part des autorités. Il a ainsi appelé le gouvernement à ouvrir davantage de consultations avec les parties concernées afin d’identifier des solutions concrètes pour atténuer l’impact de la hausse des carburants sur les consommateurs, tout en soulignant que la démarche de l’ACIM s’inscrit «sans démagogie» et dans l’intérêt général de la population.


