Ile Maurice: Korek – 406 000 utilisateurs au pays, 3 058 à Rodrigues

À Rodrigues, ils sont 3 058 à avoir téléchargé l’application Korek. À Maurice, 406 000 personnes l’ont fait. Le fossé numérique entre les deux îles de la République se lit aussi dans ces chiffres alors que le ministre Avinash Ramtohul annonce une visite imminente dans l’île afin d’accélérer le déploiement de l’application gouvernementale.
Lancée le 30 janvier dernier, Korek s’inscrit dans le Blueprint for Mauritius 2025-2029, le document stratégique du gouvernement, qui place la transformation numérique au coeur de son premier pilier. L’ambition : mettre fin à la fragmentation des applications gouvernementales, ces outils qui ont, selon le ministre, consommé d’importants fonds publics par le passé, sans réelle valeur ajoutée pour le citoyen, et les regrouper dans une interface unique.
À terme, KOREK devrait centraliser toutes les interactions entre le citoyen et l’État, de la naissance jusqu’à la fin de la vie : éducation, santé, collectivités locales, permis. Cela devrait donner un guichet numérique unique pour toute la République.
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Pour l’heure, l’application en est encore à ses débuts. La première version, disponible depuis janvier, permettait uniquement de consulter les détails de son permis de conduire et de vérifier son solde de points de pénalité dans le cadre du nouveau système introduit par le gouvernement. Depuis, le ministère des TIC s’est fixé comme objectif d’ajouter un nouveau service par mois.
Les deux dernières mises à jour en avril permettent de suivre en temps réel l’état de la grille électrique nationale, via un code couleur rouge, jaune ou gris pour guider les ménages dans leur consommation et de consulter les offres d’emploi dans le secteur public et parapublic à partir de son téléphone. Une prochaine intégration avec le système de recrutement en ligne du gouvernement est prévue.
La prochaine étape annoncée consiste à permettre le signalement des fuites d’eau sur le réseau de la CWA, des nids-de-poule dangereux sur les routes et du gaspillage d’électricité dans les espaces publics. Des services du quotidien, pensés pour ancrer l’application dans les usages réels. Des discussions sont par ailleurs en cours avec plusieurs ministères pour intégrer de nouveaux services, dont le permis de conduire numérique.
Pour promouvoir son adoption, le ministère mise sur des campagnes de sensibilisation dédiées, en collaboration avec l’Agence de promotion numérique, les centres du Sugar Industry Labour Welfare Fund (SILWF), les collèges et les collectivités locales. L’objectif est de toucher le plus grand nombre de citoyens, y compris les moins à l’aise avec le numérique.
Mais l’expansion a ses limites. En réponse à une question supplémentaire, le ministre Ramtohul a reconnu que certaines données affichées sur l’application peuvent s’avérer incorrectes. Une réalité structurelle : Korek ne génère pas ses propres données mais agrège celles des différents ministères. En cas d’erreur, la procédure reste floue – le ministre des TIC invite les utilisateurs à notifier son ministère -, sans mécanisme centralisé clairement défini.
À Rodrigues, des sessions d’engagement sont prévues afin de former des «ambassadeurs locaux» et de reproduire le modèle mauricien. Une visite du ministre est imminente. Le financement du déploiement dans l’île reposera sur une approche collaborative entre les différentes autorités concernées, sans qu’une enveloppe budgétaire précise n’ait été annoncée.

