Cote d'Ivoire: Région de Gbêkê/Mortalité maternelle – Des journalistes outillés pour être des relais

À l’initiative du bureau-pays du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa) Côte d’Ivoire, avec l’appui des partenaires Takeda et Safebirth Africa, des journalistes et correspondants de presse de la région de Gbêkê ont pris part, le mardi 28 avril 2026, à Bouaké, à une session de formation visant au renforcement de leurs capacités sur les enjeux, les causes et les solutions liés à la mortalité maternelle en Côte d’Ivoire. Cette session a été suivie de visites de terrain.
Dr Daniel Koffi Yao, chef du service action sanitaire à la Direction régionale de la santé, de l’hygiène publique et de la couverture maladie universelle de Gbêkê, a salué cette initiative, au regard des enjeux que représente une telle thématique. « Journalistes que vous êtes, nous voulons que vous puissiez nous aider à lutter contre les décès maternels dans notre région. Certes, le taux a drastiquement baissé, mais nous continuons d’enregistrer des décès », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’une des causes de ces décès est liée aux préjugés qui ont cours dans certaines communautés. « Chers hommes et femmes des médias, aidez-nous à déconstruire tous ces préjugés afin que nos femmes, nos soeurs, nos filles, lorsqu’elles sont enceintes, puissent fréquenter nos établissements de santé pour se faire suivre jusqu’à l’accouchement », a exhorté le représentant du Dr Aboubacary Coulibaly, directeur régional de la santé, de l’hygiène publique et de la couverture maladie universelle de Gbêkê.
Isabelle Akoua Koffi, sage-femme et chargée de programme santé maternelle à l’Unfpa, et Jordan Sera, spécialiste du programme communication et plaidoyer à l’Unfpa, qui ont coanimé cette session de formation, ont informé les journalistes que, grâce aux partenaires du ministère en charge de la Santé, notamment l’Unfpa, des financements ont été mobilisés auprès de bailleurs de fonds pour la mise en oeuvre de deux projets dans les régions de Gbêkê et du Gontougo, en vue d’une meilleure prise en charge des femmes enceintes.
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Le premier projet, dénommé « 2 heures pour la vie », financé par une firme pharmaceutique japonaise, Takeda, permet de prendre en charge les femmes enceintes en complication en moins de deux heures. Le second projet porte sur deux nouvelles molécules identifiées par l’Organisation mondiale de la santé (Oms), permettant de lutter efficacement contre les hémorragies du post-partum, c’est-à-dire une perte de sang survenant après l’accouchement. « Ces deux projets sont complémentaires pour lutter efficacement contre la mortalité maternelle », a assuré la conférencière.
Avec les informations communiquées lors de cette session, la chargée de programme santé maternelle à l’Unfpa a exhorté les hommes et les femmes des médias à relayer l’information auprès des différentes communautés, notamment auprès des femmes enceintes, afin de les informer de l’existence de services permettant un accouchement sans complications et la naissance de bébés en bonne santé.
« Relayer l’information pour dire que les services de prise en charge existent, que nos sages-femmes sont bien formées et que des produits sont à leur disposition ; par conséquent, qu’elles n’hésitent pas à fréquenter les centres de santé 24 h/24 », a-t-elle lancé.
Par la suite, les journalistes ont rendu visite à deux jeunes femmes ayant suivi leurs consultations prénatales dans les quartiers Houphouëtville et Broukro. « Nous avons suivi les conseils des sages-femmes en participant régulièrement aux consultations prénatales, ce qui nous a permis d’accoucher sans difficultés, et nos bébés se portent bien », ont-elles témoigné.
Elles ont ainsi lancé cet appel : « Chères soeurs, les consultations prénatales sont indispensables. Il y va de notre santé et de celle de nos bébés ».
Correspondant régional



