Comores: un «séminaire d'évaluation» des élections sans certaines figures de l’opposition

Du 14 au 16 avril, le ministère comorien de l’Intérieur réunit à Moroni acteurs politiques, administration électorale, bailleurs, partenaires, et une partie de la société civile, pour évaluer la présidentielle et les élections des gouverneurs de 2024, mais aussi les communales et les législatives de 2025. Objectifs affichés : identifier les failles et proposer des réformes en vue des prochaines échéances. Mais l’exercice se déroule sans plusieurs figures majeures de l’opposition et certaines organisations civiles. Entre volonté officielle d’inclusion et contestation persistante de la crédibilité du système électoral, ce séminaire révèle des lignes de fracture profondes et une confiance rompue.
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Avec notre correspondant à Moroni, Abdallah Mzembaba
Pour le directeur des élections aux Comores, chargé de l’organisation des scrutins, Mbaé Toimimou, l’exercice est avant tout technique. « On essaie d’identifier les points faibles, mais aussi les points forts et surtout les recommandations qui sont faites pour pouvoir améliorer l’organisation des élections futures. Nous avons invité tous les acteurs, certains ont répondu, d’autres n’ont pas répondu, en tout cas c’est un droit », souligne-t-il.
Les ténors de l’opposition sont absents de ce « Séminaire d’évaluation des cycles électoraux 2023/2025 », mais elle est tout de même partiellement représentée. Latuf Abdou, du Collectif Anjouan 2029, a fait le déplacement pour porter ses propositions notamment sur la Commission électorale nationale indépendante (Céni). « C’est une Céni monocolore qui est composée uniquement avec des partisans du pouvoir. Nous estimons que, cette fois-ci, ils vont prendre notre recommandation qui est une composition de la Céni formée à partir des membres issus des organisations de la société civile et des corps de métier », déclare-t-il.
« Au lieu de dire la vérité, ils vont organiser des séminaires »
Mais ailleurs, le rejet est frontal. Mouigni Baraka Saïd Soilihi, candidat à la dernière présidentielle, est absent et pour lui ce séminaire n’a pas lieu d’être : « Il ne s’agit pas d’une question d’organisation des élections. Il s’agit tout simplement d’une équipe qui décide de faire ce qu’ils veulent. Au lieu de dire la vérité, ils vont organiser des séminaires. Pourquoi dire ? Pourquoi faire ? Ce n’est pas la vérité qu’ils veulent dire. S’il s’agit de faire un bilan, la première des choses c’est de reconnaitre qu’Azali Assoumani n’a pas été élu, il est là par un coup d’État soutenu par une cour qui lui est acquise totalement. »
Les propositions issues de ces travaux devront être adoptées par le Parlement.
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