«C’est du jamais vu» : en Tunisie, des dizaines de journalistes se rassemblent en soutien à leurs collègues arrêtés

En Tunisie, quelques dizaines de journalistes se sont rassemblés devant leur syndicat vendredi 24 avril pour manifester leur soutien à leur collègue Mourad Zeghidi, mais aussi dénoncer la mise en garde à vue d’un autre journaliste, Zied El Heni, ce vendredi. Une chape de plomb qui se renforce sur la profession.
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Avec notre correspondante à Tunis, Lilia Blaise
Des confrères scandaient des slogans pour Mourad Zeghidi, incarcéré depuis deux ans et qui purge une peine de trois ans et demi de prison pour blanchiment d’argent, condamné en janvier dernier.
Sa fille Inès, a encore espoir qu’il sorte mardi, après le procès en appel : « Il y a des jours où c’est plus compliqué que d’autres de garder le moral, mais le fait qu’on ait une date d’audience dans les prochains jours, c’est déjà une bonne nouvelle pour nous et on essaye de garder espoir. »
Le climat est lourd pendant ce rassemblement car les journalistes viennent d’apprendre que Zied El Heni, un autre collègue déjà condamné à 6 mois de prison avec sursis en 2024 pour ses opinions, a été placé en garde à vue vendredi pour ses propos récents publiés sur les réseaux sociaux.
La situation inquiète le président du syndicat des journalistes Zied Dabbar : « Un deuxième collègue qui se fait arrêter sur la base du code des télécommunications, c’est la loi de Ben Ali. C’est du jamais vu pour l’histoire du syndicat et de la Tunisie, cela nécessite autant de solidarité et de résistance. »
Les médias indépendants sont aussi dans le collimateur, comme le site en ligne Inkyfada, menacé par l’ordre de dissolution à l’encontre de l’association qui édite le site.



