Centrafrique: le maire de Bangui empêché de reprendre son poste par le personnel

Le président de la délégation spéciale de la ville de Bangui, Émile-Gros-Raymond Nakombo, s’est vu refuser l’entrée dans sa mairie. Lui qui s’était mis en disponibilité pour les élections législatives de décembre 2025, s’est heurté à une partie du personnel mécontent, ainsi qu’au ministère de l’Administration du territoire.
Publié le :
2 min Temps de lecture
Avec notre correspondant à Bangui, Rolf Steve Domia-Leu
Après sa mise en disponibilité en octobre dernier pour les élections législatives de la fin d’année dernière, un arrêté du ministère de l’Administration du territoire avait mis en place une équipe intérimaire. Alors qu’il devait reprendre ses fonctions lundi 20 avril, Émile-Gros-Raymond Nakombo en a été empêché par une partie du personnel.
Le lendemain, il a dénoncé face à la presse un coup préparé, en complicité avec le ministère, affirmant sa volonté de saisir la justice. « Si vous voulez qu’on soit modèle dans ce pays, nous devons respecter les textes que nous prenons nous-mêmes. Du jour au lendemain on dit « vous être mis en disponibilité mais vous ne revenez plus » », s’est-il indigné.
À lire aussiCentrafrique: trois jours de grève à la mairie de Bangui
Il a rappelé qu’étant nommé par le chef de l’État, Faustin-Archange Touadéra, seul ce dernier serait en mesure de le démettre. « Ce n’est pas un arrêté du ministre qui va décider de mon sort, impossible », s’est emporté l’édile de Bangui, et d’ajouter : « Moi j’ai fait 10 ans à la tête de la mairie de Bangui. Je suis arrivé à mener la mairie de Bangui à tous les niveaux. J’ai amené des financements. Ce sont des dossiers lourds. »
« Trop, c’est trop »
Devant la mairie, une partie du personnel qui manifeste continue de s’opposer à son retour. « Trop, c’est trop », peut-on lire sur une banderole. Sous couvert d’anonymat, une employée tempête que « depuis dix ans, il est au cœur de plusieurs scandales : mauvaise gestion de la mairie, détournements de fonds, salaires impayés, absence d’amélioration de nos conditions de travail… Trop, c’est trop. »
Le maire de Bangui s’était mis en disponibilité afin de se porter candidat aux législatives dans la circonscription de Sosso-Nakombo, au sud-ouest du pays, lors des élections générales du 28 décembre dernier. Il avait finalement retiré sa candidature pour ne pas affronter ses deux frères, eux aussi en lice pour ce poste.
Le ministère de l’Administration du territoire n’a pas encore réagi. Mais selon une source interne, il attend l’issue du second tour des élections municipales, prévu le 26 avril prochain, pour installer les nouveaux maires élus.
À lire aussiCentrafrique: le mécontentement des agents électoraux inquiète à l’approche de plusieurs scrutins



