À la Une: le grand oral de Macky Sall à l’ONU

« Macky abat ses cartes », s’exclame WalfQuotidien. Les auditions des candidats au poste de secrétaire général des Nations unies sont terminées. « Et c’est Macky, ex-président du Sénégal, qui en a porté le dernier coup de marteau hier, souligne le quotidien dakarois, en lançant cet appel : « Dans un monde fracturé comme jamais, nous devons rétablir la confiance et nous devons avoir la volonté d’agir. Et c’est dans le cadre de cette destinée partagée que je cherche à me mettre au service de l’ONU ». »
Durant cette audition, Macky Sall a abordé de nombreux thèmes, pointe WalfQuotidien : « la réforme du Conseil de sécurité, les changements climatiques, les conflits au Soudan, au Moyen-Orient, entre la Russie et l’Ukraine, la valorisation du multilinguisme au sein de l’ONU, les questions de genre, les droits humains, les financements, le terrorisme, le respect de la souveraineté des États, l’intelligence artificielle et aussi le détail de l’équipe qui pourrait l’accompagner s’il est élu. »
Défenseur du multilatéralisme
« Macky Sall candidat à l’ONU : un plaidoyer pour un multilatéralisme rénové et efficace », lance le site Xalima. « Dans un contexte international marqué par des crises multiples, Macky Sall a dressé un constat sans détour : « les défis actuels ne sont plus cycliques, mais systémiques », évoquant notamment les rivalités géopolitiques, les conflits armés, les vulnérabilités climatiques et les fractures socio-économiques croissantes. Face à ces tensions, il a défendu avec force le rôle central du multilatéralisme, qu’il considère comme “le cadre indispensable“ pour répondre aux enjeux globaux ».
« Macky Sall présente sa vision axée sur le dialogue, l’écoute et la consultation », renchérit DakarActu.
« Macky Sall se positionne comme « bâtisseur de ponts » pour diriger l’ONU », pointe Seneplus.
Une « fragilité politique de taille »
Reste que l’ancien président sénégalais n’a pas que des atouts dans la manche… « Si Macky Sall s’exprime avec l’assurance d’un chef d’État rodé aux arènes internationales, sa candidature repose sur une fragilité politique de taille, s’exclame Afrik.com : c’est le Burundi via son président Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, qui a officiellement porté sa candidature devant l’ONU, et non le Sénégal. Le Sénégal qui a signifié à l’UA qu’il n’avait « à aucun stade endossé » cette initiative, entraînant dans son sillage une vingtaine d’États membres du continent dans l’opposition. L’UA n’a donc pas accordé son quitus collectif à la candidature de Macky Sall. »
Que reprochent les autorités sénégalaises à l’ancien président ? Réponse de L’Observateur Paalga à Ouagadougou : « un passif politique pour le moins encombrant. Le gouvernement sénégalais lui reproche notamment sa responsabilité dans les répressions sanglantes des manifestations entre 2021 et 2024, lesquelles ont fait plusieurs dizaines de morts. À cela s’ajoute une accusation tout aussi lourde : celle d’avoir soigneusement maquillé la réalité de la dette publique. Autant dire que l’ardoise est salée. (…) Entre Macky Sall et les nouveaux maîtres du pays de la Téranga, le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, la réconciliation n’est manifestement pas pour demain ».
Suspense
Alors Macky Sall succèdera-t-il à Antonio Guterres ? Qui de la Chilienne Michelle Bachelet, de l’Argentin Rafael Grossi, de la Costa-Ricaine Rebeca Grynspan et de Macky Sall étrennera le poste de 10e secrétaire général de l’ONU ? Rien n’est joué pour l’instant. Ce qui est sûr, c’est qu’aucune femme n’a encore été élue à ce poste et qu’il n’y a pas eu de secrétaire général sud-américain depuis 35 ans : on pourrait donc penser que les deux candidates sud-américaines sont les mieux placées.
En tout cas, il faudra être patient, relève Jeune Afrique : « L’élection du prochain secrétaire général se décidera (d’abord) au sein du Conseil de sécurité, dont les 15 membres se prononceront seulement dans plusieurs mois. Pour Macky Sall comme pour ses concurrents, l’enjeu majeur consistera à éviter qu’un des cinq membres permanents ne mette son veto, ce qui vaut disqualification. Ensuite, l’élection se jouera devant les quinze membres du Conseil, à une majorité de neuf voix. Une échéance encore lointaine : pas avant la fin du mois de juillet. » Et c’est enfin l’Assemblée générale de l’ONU qui aura le dernier mot dans les mois qui suivront.



