Au Mali, un hommage sous haute sécurité au ministre de la Défense tué durant les attaques des rebelles et jihadistes

Un hommage national et sous haute sécurité a été rendu ce 30 avril 2026 à Bamako, en présence du chef de la junte malienne Assimi Goïta, au ministre de la Défense Sadio Camara, tué le week-end dernier lors d’attaques coordonnées des rebelles du FLA et des jihadistes du Jnim.
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Un hommage national a donc été rendu ce jeudi dans la capitale du Mali au défunt ministre de la Défense. Le général Sadio Camara avait été tué samedi lors de l’attaque de sa maison dans la ville-garnison de Kati, l’une des localités visées par des attaques coordonnées des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et des indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA). La mort de Sadio Camara, à l’âge de 47 ans, est un coup dur pour la junte militaire lui qui a été l’artisan du rapprochement du Mali avec la Russie.
Cette cérémonie s’est déroulée en présence du chef de la junte, le général Assimi Goïta. Une cérémonie diffusée en direct à la télévision, pleine d’émotion, et sous haute sécurité, sur la place d’Armes du 34e bataillon du génie militaire de Bamako, rapporte notre correspondant régional, Serge Daniel.
Il était 10h15 ce jeudi lorsque le président de la transition est arrivé sur les lieux, avec un impressionnant dispositif de sécurité. Derrière ses lunettes noires, le général Assimi Goïta s’est dirigé directement devant la dépouille. Il s’est mis au garde-à-vous et a signé le livre d’or.
La cérémonie a alors commencé avec une marche funèbre avec le cercueil recouvert du drapeau national. À titre posthume, le défunt a reçu le titre de général d’armée en présence de quelques milliers de personnes.
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« Le baobab est tombé »
Ensuite, différentes prises de paroles ont eu lieu : représentants de la famille, représentants aussi des compagnons de promotion du ministre de la Défense. « Le baobab est tombé. Marchons dans sa trace lumineuse », a-t-on notamment entendu dans l’un des discours. « Il appartenait à cette race de soldats qui ne travaillent pas pour la gloire éphémère de l’instant, mais pour le jugement serein des siècles, déclare le général, Alou Boï Diarra, chef d’état-major de l’armée de l’air. Sadio avait une vision sans égale, remplie de reconnaissance pour ce que son pays a fait pour lui depuis son enfance. Il a bâti et a continué sans jamais chercher à tirer une renommée ou un avantage personnel. »
Il y a ensuite eu la sonnerie aux morts, beaucoup d’émotions. Enfin, le corps dans un corbillard a pris la direction de Kati, pour les obsèques.
À noter que des délégations étrangères, surtout venues du Burkina Faso et du Niger, les deux autres pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), étaient là. Parmi les présents, le général Célestin Simporé, le ministre de la Défense du Niger et le ministre de la Guerre du Burkina Faso. Ce dernier a d’ailleurs pris la parole. Il a déclaré : « Nous ne doutons pas que son héritage de fermeté, d’engagement, de patriotisme et de dévouement continuera d’inspirer des générations d’officiers. Général Sadio Camara, tu es tombé en héros. Nous te faisons le serment de poursuivre le combat contre le terrorisme jusqu’à la victoire finale. Nous traquerons tes assassins jusqu’à leurs derniers retranchements. »
Cette cérémonie est intervenue cinq jours après les attaques coordonnées des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim, allié à Al-Qaïda) et des rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA) contre des positions stratégiques de la junte.
« Vous n’êtes pas seuls » : à Niamey, hommages à Sadio Camara et soutien aux Maliens
Dans la capitale nigérienne, Niamey, un rassemblement en soutien au Mali s’est tenu à l’appel d’organisations de la société civile. Au mur, le portrait du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, tué lors des attaques du we dernier. « Vive l’AES », « À bas les terroristes et leurs sponsors », scande le public. Un représentant des forces vives du Niger, qui regroupent des organisations de la société civile proches des militaires au pouvoir, rend hommage au Mali en ces termes : « Vous n’êtes pas seuls, les forces vives nigériennes et de l’AES se tiennent à vos côtés. » Effred Mouloul Al’hassan, de l’Union des étudiants du Niger (USN), dénonce une stratégie de déstabilisation des pays de l’Alliance des États du Sahel, face à leur volonté de souveraineté. Les forces vives appellent au départ des entreprises françaises de l’AES. Aux dirigeants africains – sans plus de précisions – est reproché un manque de solidarité face aux événements au Mali.
Les organisations de la société civile présentes demandent aussi aux citoyens d’intensifier la vigilance, de réactiver les brigades de veille dans les villages, les zones frontalières et les axes empruntés par les groupes terroristes. Contrairement aux autres années, les autorités nigériennes ont annulé dans tout le pays les traditionnels défilés du 1er mai pour raisons de sécurité.
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