À la Une: démission de Modeste Bahati, psychose à Kinshasa, Stanis Bujakera et les faits

En une de Forum des AS : « Bahati Lukwebo : Je croyais m’être bien expliqué mais voilà… » Le quotidien revient sur la démission du deuxième vice-président du Sénat, intervenue au lendemain du dépôt d’une pétition en destitution. L’intéressé invoque sa volonté d’éviter la confrontation. Le journal souligne que cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions politiques, alimentées notamment par ses prises de position sur une éventuelle révision constitutionnelle. Les griefs évoqués contre lui portent sur « l’incompétence », le « manque de respect envers les institutions » et des déclarations jugées controversées.
En parallèle, le Sénat a mis en place une commission spéciale de 27 membres chargée d’examiner la pétition dans un délai de 72 heures. La pétition aurait recueilli 83 signatures, bien au-delà du seuil requis. Mais en démissionnant, Modeste Bahati, conclut le confrère, « coupe l’herbe sous le pied à la commission spéciale ».
Bahati Lukwebo « contraint de démissionner »
Congo Nouveau enchaîne : « Bahati privilégie la sérénité au sein de la majorité, l’Union sacrée. » Le trihebdomadaire insiste sur la portée politique de cette démission, interprétée comme un geste d’apaisement au sein de la majorité présidentielle. Malgré son retrait, la procédure parlementaire suit son cours. Le journal révèle que Bahati Lukwebo a été « contraint de démissionner » en raison de son opposition à une révision constitutionnelle.
Reprenant ses propos, Congo Nouveau cite : « Quand on reçoit un mandat, on doit se préparer à le quitter à tout moment ». Le journal note également que la question constitutionnelle divise profondément la classe politique. Tandis que certains membres de l’Union sacrée soutiennent une révision, l’opposition dénonce une initiative « suicidaire » dans un contexte de guerre, appelant à « privilégier la stabilité et la concorde nationale ».
Le Phare consacre sa une à la mise en place d’une « véritable machine pour traquer les criminels économiques ». Le tribunal pénal économique et financier vise à renforcer la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux. Selon Le Phare, cette réforme est perçue comme une avancée majeure dans l’arsenal juridique congolais. « Tous les délinquants économiques et financiers seront sérieusement traqués », souligne le journal. Toutefois, le journal insiste sur la nécessité de choisir des magistrats « d’une probité morale irréprochable » pour garantir l’efficacité de cette nouvelle institution.
Stanis Bujakera appelle la presse « à ne pas capituler »
Dans Ouragan : « Deux ans après Makala, Bujakera appelle la presse à ne pas capituler. » Le trihebdomadaire revient sur le témoignage du journaliste Stanis Bujakera, deux ans après sa détention. Il dénonce un climat de restriction de la liberté de la presse. « On n’attend plus du journaliste qu’il informe, mais qu’il s’aligne », affirme-t-il. Le journal évoque un environnement marqué par les pressions politiques et les intimidations. Face à cette situation, Bujakera plaide pour un journalisme fondé sur les faits, en résistance à ce qu’il considère comme des dérives persistantes.
Bouclons avec Econews : « Braquage, kidnapping, assassinat… : peur dans la ville de Kinshasa. » Le trihebdomadaire dresse un tableau alarmant de l’insécurité à Kinshasa. Braquages, enlèvements et assassinats alimentent une « psychose sans précédent ». Le journal critique le « silence assourdissant » des autorités et dénonce un décalage entre les priorités sécuritaires et fiscales. « Les Kinois se sentent livrés à eux-mêmes », écrit-il. Dans une capitale de plus de 10 millions d’habitants, Econews estime que « la priorité semble être passée de la sécurité des citoyens à la rentabilité fiscale », illustrant un climat d’angoisse généralisée.



