Turquie–Égypte: Erdogan et al-Sissi scellent de nouveaux accords de partenariat entre Ankara et Le Caire

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a rencontré mercredi 4 février au Caire le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, scellant une série de 18 nouveaux accords de partenariat pour sa quatrième visite officielle en Égypte. Les relations entre l’Égypte et la Turquie se sont nettement réchauffées ces dernières années après près d’une décennie de rupture diplomatique, leurs intérêts convergeant désormais sur plusieurs théâtres régionaux, notamment le Soudan ou la bande de Gaza.

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Les deux dirigeants ont « souligné la nécessité de parvenir à une trêve humanitaire menant à un cessez-le-feu » au Soudan et de « préserver les institutions de l’État », a déclaré le président égyptien al-Sissi lors d’une allocution conjointe avec son homologue turc.

Dans un discours diffusé à la télévision égyptienne, le chef de l’État a également souligné « l’importance de préserver l’unité et la souveraineté de la Somalie et de rejeter toute tentative de la diviser ». Le Caire et Ankara avaient soutenu le gouvernement de Mogadiscio et condamné la reconnaissance par Israël de la région séparatiste du Somaliland.

Depuis la première rencontre en 2024 des deux dirigeants, plus d’une dizaine d’accords de coopération avaient été signés, notamment dans les domaines économique, sécuritaire et de la défense. Mercredi, 18 accords supplémentaires ont été signés entre les deux pays.

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Convergences sur les crises régionales

À eux deux, ils ont constitué la moitié du bloc de pays ayant mené des négociations en faveur de la fragile trêve en cours à Gaza, et se trouvent du même côté dans la guerre au Soudan, affichant des positions de plus en plus convergentes sur les principaux dossiers régionaux. Ces convergences s’inscrivent, selon des analystes, dans l’émergence d’un axe régional de sécurité incluant également l’Arabie saoudite.

Mardi 2 février, le président turc s’est d’ailleurs rendu à Riyad, autre ancien rival régional avec lequel Ankara a normalisé ses relations ces dernières années. Cette tournée diplomatique intervient alors que la région est marquée par de fortes tensions, à l’approche d’éventuelles discussions entre les États-Unis et l’Iran, initialement prévues en Turquie avant que Téhéran n’en demande leur transfert à Oman.

Coopération militaire

Les relations entre Ankara et Le Caire s’étaient brutalement rompues en 2013, après la destitution par l’armée égyptienne du premier président égyptien démocratiquement élu, Mohamed Morsi, allié de la Turquie et issu des Frères musulmans, un mouvement depuis interdit en Égypte. À l’époque,  Recep Tayyip Erdogan avait affirmé qu’il ne s’adresserait jamais à l’auteur du coup d’État, Abdel Fattah al-Sissi.

En 2024, la Turquie a accepté de fournir à l’Égypte des drones de combat avancés, avant que les deux pays n’annoncent l’année suivante un projet de production conjointe de drones.

L’armée soudanaise, soutenue par Le Caire et Ankara dans sa guerre contre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), ont notamment utilisé des drones Bayraktar de fabrication turque.

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