Tensions dans l'est de la RDC: au moins trois lignes de front se réactivent

Dans l’est de la RDC, plusieurs lignes de front se sont réactivées depuis une dizaine de jours, aussi bien au Nord-Kivu qu’au Sud-Kivu. L’armée congolaise et ses alliés affrontent l’AFC/M23, soutenue par Kigali. Les deux camps s’accusent mutuellement de violations du cessez-le-feu et se renvoient la responsabilité des affrontements. Mais sur le terrain, les acquis diplomatiques qui semblaient obtenus il y a quelques mois paraissent aujourd’hui fragilisés.

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Pour comprendre la séquence actuelle, il faut remonter au début du mois. L’AFC/M23 avait alors revendiqué des frappes de drones kamikazes sur Kisangani. Selon le mouvement, l’objectif était de détruire le centre de commandement des drones militaires installé à l’aéroport de Kisangani. Visiblement, ce centre n’a pas été neutralisé.

Aujourd’hui, l’AFC/M23 accuse les FARDC d’avoir multiplié des attaques au Nord et au Sud-Kivu ces dix derniers jours. Le premier axe cité est la cité de Rubaya, dans le territoire de Masisi, une zone qui abrite un important gisement de coltan. Depuis lundi 23 février, des attaques aux drones y sont signalées.

Le deuxième axe est la région des hauts et moyens plateaux, dans le Sud-Kivu. Là aussi, des frappes de drones s’y sont déroulées ces derniers jours.

Le troisième axe, toujours au Sud-Kivu, est la cité de Kavumu, non loin de l’aéroport. Cette fois, il ne s’agit pas de drones mais d’incursions attribuées à des groupes Mai-Mai, des Wazalendo, alliés des FARDC. De leur côté, les FARDC ne revendiquent pas ces attaques. En revanche, elles accusent l’AFC/M23 d’opérations dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, ainsi que dans les Hauts-Plateaux de Fizi-Uvira.

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Une mission pour évaluer la situation sécuritaire

Alors que les combats semblent reprendre sur plusieurs axes au Nord et au Sud-Kivu, un cessez-le-feu, annoncé par l’Angola et qui s’ajoute à d’autres engagements déjà proclamés, est pourtant censé être en vigueur depuis le 18 février. Dans ce contexte, un mécanisme de suivi doit être mis en place.

L’un des dispositifs sur lequel comptent l’ONU et les différents médiateurs repose sur un mécanisme conjoint de suivi associant la Monusco et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. 

C’est dans ce cadre qu’une mission conjointe d’évaluation exploratoire est arrivée lundi à Uvira, au Sud-Kivu. Elle doit se dérouler du 23 au 27 février. Son rôle n’est pas encore de surveiller directement les violations, mais de préparer le terrain. Concrètement, l’équipe évalue les conditions d’accès, la situation sécuritaire, les aspects logistiques et les besoins d’engagement local. L’objectif est de permettre, à terme, le déploiement effectif du mécanisme conjoint de suivi. C’est ce mécanisme qui devra vérifier sur le terrain les violations du cessez-le-feu et établir les responsabilités des différentes parties.

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