Tchad: en visite dans les camps de réfugiés soudanais, le chef du HCR appelle à une aide urgente

C’était son premier déplacement officiel depuis sa prise de fonction le 1er janvier dernier. Barham Salih, nouveau Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, a conclu vendredi 16 janvier une visite au Tchad. L’ancien président irakien a été reçu par le chef de l’État Mahamat Idriss Déby. Il s’était auparavant rendu à Adré, dans l’est du pays, pour constater la précarité qui frappe des centaines de milliers de réfugiés soudanais, et appeler une fois de plus à une mobilisation internationale et à une aide d’urgence.
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« L’aide fournie est loin d’être suffisante (…) Le monde doit prêter une bien plus grande attention », s’est indigné Barham Salih lors de sa visite des camps de réfugiés de l’Est tchadien, où continuent d’affluer des personnes fuyant les violences au Darfour.
Il a rappelé qu’il s’agit de la plus grande crise humanitaire actuelle, et que la réponse internationale n’est pas à la hauteur des besoins des réfugiés soudanais et des populations locales tchadiennes des zones d’accueil.
« De nombreuses familles n’ont pas d’abri, l’approvisionnement en eau est bien en deçà des normes d’urgence et les installations sanitaires surpeuplées présentent des risques croissants », précise le Haut-Commissariat dans un communiqué.
Le HCR estime que plus de 900 000 personnes ont traversé la frontière depuis le début de la guerre civile en avril 2023. Les autorités tchadiennes parlent d’un « fardeau » total de 1,3 million de réfugiés soudanais, en prenant en compte les crises antérieures. Dans les provinces orientales du Tchad, les réfugiés comptent pour près de la moitié de la population.
Comme de nombreuses agences onusiennes, le HCR a été durement touché par les coupes budgétaires américaines. Avant de passer la main, Filippo Grandi s’était inquiété d’une « hostilité croissante » dans le monde envers les réfugiés.
Au Soudan même, la situation humanitaire est catastrophique : le programme alimentaire mondial a prévenu jeudi que, faute de financements, ses stocks de nourriture seraient épuisés fin mars. La situation de famine a été déclarée dans plusieurs régions.
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