Tchad: des enseignants grévistes disent n’avoir eu aucun salaire et dénoncent une volonté d’«intimider»

Au Tchad, la grève des enseignants, débutée mi-février 2026 et largement suivie à Ndjamena et en province, paralyse l’école publique. Les grévistes réclament l’application d’un décret sur le statut particulier et la revalorisation des indemnités. Le 20 février, la Primature a annoncé que les journées non travaillées des grévistes du syndicat SET de la section de Ndjamena ne seront pas rémunérées. Les concernés affirment qu’ils n’ont pas été payés des 15 jours travaillés. Selon eux, aucun salaire n’a été perçu ce mois-ci.
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Avec notre correspondante à Ndjamena, Nadia Ben Mahfoudh
Pas de salaire pour les enseignants grévistes du Syndicat des enseignants du Tchad (SET) de Ndjamena : c’est ce qu’affirme Paul Bayan, enseignant gréviste et chargé de communication adjoint du bureau de la section provinciale du SET : « Ils avaient dit qu’ils allaient couper juste les jours de non-présence. Or, les enseignants ont travaillé pendant deux semaines déjà et on pouvait calculer juste la moitié et puis peut-être couper une autre moitié. Ils ont carrément coupé le salaire. Et là, nous trouvons que c’est anormal parce que le droit à la grève est reconnu par la Convention. »
Depuis jeudi, le ministère de l’Éducation nationale du Tchad a ordonné la mise en place dans les établissements scolaires de listes de présence pour les enseignants.
« Les listes de présences n’aboutiront à rien, les enseignants ne sont pas des enfants »
Abdelkader Djibia, le secrétaire général du SET de Ndjamena, dénonce le bras de fer imposé, selon lui, par les autorités : « Nous sommes dans la logique de trouver une solution, mais le gouvernement durcit sa position pour nous intimider, pour nous forcer à aller enseigner. Ces listes de présence, ce n’est pas la première fois. Durant tout le temps où nous sommes en grève, ils mettent ces listes de présences qui n’aboutiront toujours à rien, parce que les enseignants ne sont pas des enfants. On ne peut pas nous obliger. Nous connaissons notre droit. Nous revendiquons notre droit dans les limites possibles, dans le respect des textes de la République et le respect de nos propres textes. »
La grève se poursuit jusqu’au 28 février. Une assemblée générale est prévue pour décider de la reconduire ou non.
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