Talent Kaché, la «Star academy» de Bolon Sylla, jeune migrant sénégalais

Le reportage culture nous emmène dans les soirées « Open Mic », micro ouvert en français, où se détectent les nouveaux talents de la scène rap et R’n’B française. Bolon Sylla, jeune Sénégalais vivant en France, a lancé l’initiative « Talent Kaché ». Son objectif : mettre en lumière celles et ceux qui débutent.
L’ambiance rappelle celle des battles de rap : DJ, lumière minimaliste et capuches de rigueur. À ceci près qu’il ne s’agit pas d’une compétition, mais d’une restitution, celle des huit sélectionnés de la saison 3 de Talent Kaché, ou TLK pour les intimes. Une initiative de détection d’artistes lancée sur les réseaux sociaux.
« Notre connexion s’est faite sur Instagram, explique Uzibinski, et on s’est vu et l’alchimie est bien passée. Du coup, on a tourné directement avec TLK. » « En fait, ils présentaient un « open mic » dans un « event », raconte Realness, j’ai été très intéressée et c’est comme ça qu’ils m’ont recrutée, pour me proposer de faire partie de la saison 3. »
Ces deux chanteurs ont eu droit, comme les huit autres sélectionnés, à l’enregistrement d’un clip suivi d’une performance scénique au Doc, lieu culturel du 19ᵉ arrondissement de Paris.
« On m’a tendu la main et je fais pareil »
Talent Kaché en est à sa troisième édition. Son promoteur, le Sénégalais Bolon Sylla, est arrivé en France en 2018. Il a connu les pires galères des jeunes migrants avant de trouver aide et assistance. « Je pense que c’est mon parcours qui m’a permis de faire cela, confie-t-il. Parce que moi aussi, on m’a beaucoup aidé en fait. Et je me suis dit : pourquoi ne pas partager ça avec les gens qui sont courageux et qui ont du talent ? On m’a tendu la main et je fais pareil. »
La soirée de restitution se veut un tremplin pour des débutants souvent éloignés des projecteurs et des grands médias. Elise Allasia commence tout juste à percer. « J’ai quelques singles qui sont sortis sur les plateformes et j’ai aussi un EP en préparation. En attendant, je fais pas mal de scènes, j’ai fait beaucoup de premières parties. La première partie de Kimberose, liste la jeune chanteuse, Cerrone, Michel Fugain aussi, c’est assez éclectique… Et là, fin février, je fais la première partie de Ben l’Oncle Soul. »
Pour Jiaceka ce type d’évènement sert aussi son réseau. « Si tu fais de la musique dans Paris, tu as toujours l’occasion de rencontrer des gens qui font des évènements, qui te proposent des choses, et puis on échange, on essaie d’apprendre les uns des autres, d’évoluer, de se faire connaître aux yeux des autres, d’un autre public. »
Bolon Sylla n’est pas peu fier de ses poulains. Et surtout, de partager avec eux un moment de fraternité. « J’aime bien partager ma joie en fait et c’est ça aussi qui me pousse ».
À écouter dans L’Invité cultureDans «DUB», le chorégraphe franco-sénégalais Amala Dianor crée l’union des danses undergound



