Sénégal: Équipe nationale – Krépin Diatta, l'art de la polyvalence et de la résilience

« Il est fini », « il ne retrouvera jamais son niveau »… Qu’est-ce que Krépin Diatta n’a pas entendu ? En novembre 2021, sa rupture des ligaments croisés le plonge dans une longue convalescence et le prive de la CAN 2022 remportée par le Sénégal.

Il avait ensuite des difficultés à retrouver son niveau après une longue période d’absence. Beaucoup l’avaient alors enterré trop vite. Aujourd’hui de retour au top, Krépin Diatta est en train de leur répondre sur le terrain.

Un latéral droit à trouver ? Krépin est là. On a pas de latéral gauche disponible ? Il répond présent. Un milieu de terrain manque ? Il est prêt. L’attaque est vide ! Le joueur de Monaco est toujours disponible. C’est cela, l’art de la polyvalence. Krépin Diatta sait (presque) tout faire. À tel point qu’on pourrait se demander, avec une pointe d’ironie, si en cas d’urgence chez les gardiens sénégalais, il ne pourrait pas enfiler les gants et protéger les cages. Peut-être cache-t-il un Oliver Kahn en lui…

Sa plus grande force reste cette capacité rare à s’adapter à n’importe quel poste sans jamais trahir le jeu. N’est-il pas, aujourd’hui, le joueur le plus polyvalent de l’histoire du football sénégalais ?


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Made by Aliou Cissé

Cette polyvalence n’est pas un hasard. Elle est aussi le fruit de la vision d’Aliou Cissé, sélectionneur qui n’a jamais hésité à exploiter les qualités hybrides de ses joueurs. On aura tout vu avec lui. Habib Diarra, aujourd’hui brillant dans l’entrejeu et considéré comme l’un des meilleurs milieux de terrain de la sélection a débuté en équipe nationale… au poste de latéral droit.

Formose Mendy, défenseur central de formation, a lui aussi été utilisé sur le côté droit. Une expérience qui ne lui a pas rendu justice aux yeux du public alors que ceux qui le suivaient en club connaissaient sa vraie valeur dans une défense à trois. On a même vu Idrissa Gana Gueye évoluer en numéro 10 sous Aliou Cissé notamment lors de la CAN 2019, un positionnement qui lui a réussi car il était à son prime en sélection à cette époque.

Mais la plus grande réussite de « El Tactico » dans ses bricolages reste sans doute le repositionnement de Krépin Diatta au poste de latéral droit. Tout commence après la retraite internationale de Youssouf Sabaly. Le Sénégal s’interroge : « Que va devenir notre couloir droit ? Va-t-on continuer à bricoler ? » La solution était pourtant là sous leurs yeux. Krépin Diatta, joueur de l’AS Monaco.

Il prend les rênes du couloir droit, s’y installe durablement et devient indéboulonnable. À la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, il fait partie des meilleurs joueurs sénégalais du tournoi. Match après match, il enchaîne les performances de haut niveau, joue avec le coeur, laisse son âme sur le terrain. Depuis, il s’est imposé comme une valeur sûre de la sélection et figure parmi les espoirs appelés à devenir des cadres après l’ère des légendes Kalidou Koulibaly, Édouard Mendy, Idrissa Gana Gueye et Sadio Mané.

Shine like Dani Alves

Krépin Diatta est la preuve que lorsqu’on sait jouer au football, on sait jouer au foot. Formé au poste de numéro 10, il devient en 2019 le meilleur jeune joueur de la CAN remporté par l’Algérie. À Brugge puis à ses débuts à Monaco, il joue sur le côté droit de l’attaque. Un rôle qui lui réussit dans le jeu même s’il lui manque l’efficacité devant le but.

Puis, il recule d’un cran. Sans le savoir, il trouve peut-être le poste de sa vie. Latéral droit, Krépin Diatta brille, étale toute sa classe et met tout le monde d’accord. À le voir jouer, on dirait qu’il a toujours évolué à ce poste. Il défend avec rigueur, attaque avec intelligence, crée des occasions, gagne des duels et enchaîne les montées-descentes grâce à un cardio impressionnant.

Même dans les dernières minutes, il est capable de déclencher des sprints foudroyants quand les autres sont à bout de forces. Sa technique au-dessus de la moyenne lui permet d’éliminer assez facilement ses adversaires et d’assurer une relance propre depuis l’arrière. Krépin Diatta joue avec le coeur, prêt à mourir sur le terrain pour ses couleurs.

Certes, il est encore loin du niveau de Dani Alves, légende du FC Barcelone et référence mondiale au poste de latéral droit. Mais sans exagération, on peut dire que le Sénégal tient là son « Dani Alves » : l’un des meilleurs latéraux droits actuels en Afrique et en Ligue 1.

Cette CAN dépend en grande partie de lui, de ses prestations. Le Sénégal a besoin de Krépin Diatta, croit en lui. Il débute la compétition de la meilleure des manières faisant partie des meilleurs joueurs de ces phases de groupe. Il montre qu’il est venu pour prendre sa revanche en gagnant le sacre continental.

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