Sénégal: « Nous voulons instaurer un modèle de gestion moderne et durable »

Depuis la réforme de la gestion des infrastructures sportives intervenueen janvier 2024, l’Office de gestion des infrastructures sportives (Ogis)est devenu l’acteur central chargé de l’exploitation, de l’entretien et de la maintenance des équipements sportifs nationaux. Avec la réhabilitation du stade Léopold Sédar Senghor, le transfert de l’Arène nationale et la mise en place de nouveaux partenariats, l’Office entend moderniser le modèle de gestion et garantir la préservation durable du patrimoine sportif.
Dans cet entretien, Youssoupha Sy, le directeur de l’exploitation, précédemment directeur du stade Léopold Sédar Senghor, revient sur les changements opérés, les défis de sécurité, les chantiers en cours et l’ambition d’un nouveau paradigme de gestion.
Le modèle de gestion des infrastructures sportives a évolué. Quelles sont les modifications apportées ?
Depuis janvier 2024, l’État a adopté un décret portant création de l’Office de gestion des infrastructures sportives. Il est chargé d’exploiter, d’entretenir et de maintenir les infrastructures et structures nationales. Sa mission principale est d’optimiser la gestion des infrastructures sportives.
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Pour l’instant, on nous a confié la gestion du stade Léopold Sédar Senghor et de l’Arène nationale. La différence, c’est qu’avant la création de l’Ogis, le stade était géré directement par le ministère des Sports qui prenait un arrêté pour nommer un directeur et donnait les moyens.
Ce qui a changé, c’est que l’Ogis relève maintenant du secteur parapublic et a une autonomie de gestion. Ce qui le lie désormais avec le ministère, c’est le contrat de performance. Ainsi nous fonctionnons grâce à une subvention de l’État. En plus de l’exploitation, les recettes produites nous aident à faire fonctionner les infrastructures qui nous sont confiées.
Comment se porte aujourd’hui la gestion des infrastructures ?
Actuellement, ça se passe bien. Il y a une nette amélioration de l’état de gestion au niveau de l’Ogis. L’Office veille surtout à l’entretien et à la maintenance des infrastructures avec une bonne structuration, des postes comme le directeur administratif et financier qui vient d’être installé, le directeur de l’exploitation et de la maintenance que j’assure et l’agent comptable qui est nommé par le ministère des Finances.
Par rapport à sa mission, l’Ogis veille de telle sorte que les infrastructures puissent être bien préservées. On essaie vraiment de mettre le focus sur la communication. Surtout pour faire connaître les installations afin que l’équipe nationale du Sénégal puisse jouer ici.
Le stade Léopold Sédar Senghor est-il aujourd’hui en mesure d’accueillir des matchs internationaux ?
Le stade a été réhabilité. Depuis la réception des clés, il y a un suivi régulier. La réhabilitation prend en compte la mise en norme. Il y a une nette amélioration. Avant, le stade n’avait pas de sièges au niveau des gradins. Maintenant, les gradins sont dotés de sièges. L’éclairage a été amélioré. La pelouse aussi est devenue de qualité. Les vestiaires ont été revus et refaits. Ils respectent toutes les commodités.
Cela permet aussi d’accueillir les matchs au niveau local et national. Après la réception des clés, on a eu la visite de la Protection civile pour évaluer si le stade remplit les conditions d’accueillir les matchs d’envergure. Ce qui nous a permis d’avoir le certificat de sécurité.
On a aussi reçu une délégation de la Confédération africaine de football (Caf) qui est venue inspecter l’infrastructure, pour voir si les conditions sont réunies pour les matchs internationaux. Ils ont donné quelques recommandations. Nous sommes en train de les satisfaire pour pouvoir accueillir les matchs internationaux afin que l’équipe nationale du Sénégal puisse jouer ici.
Parmi les recommandations, il y a les escaliers qui descendent des gradins pour arriver au niveau de la main courante, pour des raisons de sécurité, ainsi que des portes d’accès pour faciliter aux joueurs l’accès aux vestiaires. D’ici quelque temps, on va terminer ces travaux et on va inviter, une fois de plus, la Caf pour venir constater ces améliorations. Donc, il ne reste que quelques détails pour obtenir l’homologation du stade.
Le milieu de la lutte est un milieu qui fait face à des défis sécuritaires. Comment gérez-vous la question de la sécurité à l’Arène nationale ?
Il y a deux ou trois mois, on a reçu l’arrêté portant le transfert de l’Arène nationale à l’Ogis. Tout d’abord, on a rencontré l’équipe du Comité national de gestion (Cng) de la lutte. On a discuté de tous ces aspects-là pour leur expliquer que le modèle de gestion au niveau de l’Arène nationale a changé.
Il fallait qu’on puisse vraiment s’accorder sur certains points, pour que les combats de lutte puissent se tenir dans les meilleures conditions et surtout, pour assurer la préservation de l’infrastructure. Le président du Cng nous a expliqué certaines difficultés concernant les promoteurs, pour ce qui est de la sécurité, surtout au niveau du mur de l’Arène nationale qui est facile à franchir.
Pendant les combats de lutte, les jeunes l’escaladent facilement, ce qui engendre des problèmes de sécurité. Nous avons pris tout cela en compte et ce mur va donc être refait. On va l’élever davantage pour assurer une meilleure sécurité au niveau de l’Arène nationale.
On a récemment rencontré les syndicats et les promoteurs de lutte qui organisent les combats. On a discuté avec eux pour qu’on puisse mettre en place des partenariats. L’Ogis va leur présenter des cahiers de charges concernant l’organisation des combats. Des conventions seront aussi signées entre les promoteurs et l’Ogis.
On voudrait que cela se passe dans de meilleures conditions. On souhaite également qu’il y ait une contribution des promoteurs pour permettre à l’Ogis de supporter certaines charges concernant la gestion, la sécurité, la salubrité, etc.
On a signé une convention de partenariat avec la Ligue de football professionnel pour domicilier tous les matchs du Jaraaf au niveau du stade Léopold Sédar Senghor. On compte aussi signer une convention de partenariat pour accueillir tous les derbys de la Ligue Pro.
Au-delà, nous sommes en train de négocier avec des partenaires au niveau du sponsoring et du branding, parce qu’il y a de grandes sociétés qui se sont dites prêtes à accompagner l’Ogis dans le cadre du sponsoring et du branding.
Quels sont vos principaux chantiers pour la suite ?
Notre vision, pratiquement, est d’instaurer un modèle de gestion moderne et durable pour les infrastructures sportives à statut national. Il faut que l’Ogis puisse montrer à l’État qu’il est capable de préserver les infrastructures sportives à l’échelle nationale.
Pour cela, il faudra assurer une bonne exploitation, un bon entretien des infrastructures. On met surtout le focus sur l’entretien et la préservation de ces établissements. L’entretien a un coût. La subvention que l’État nous donne ne suffit pas pour assurer l’entretien total. Mais, à travers une bonne exploitation et les stratégies qu’on va mettre en place, nous pourrons remplir correctement cette mission.
Par exemple, si vous regardez bien, au niveau du stade Léopold Sédar Senghor, il y a le parking extérieur qui a connu un déguerpissement. On est en train de le sécuriser par un mur de clôture. C’est un espace d’une superficie d’environ 11 hectares.
Il doit être valorisé par des aménagements qu’on est en train de faire. On cherche des partenaires parce qu’on veut y ériger un centre d’accueil moderne et même un centre commercial qui pourrait accueillir des clubs et même la population. Il y a aussi des installations sportives qu’on veut ériger là-bas et bien les exploiter, de sorte que ça soit rentable.
Les autres chantiers consistent à améliorer les conditions, les offres qu’on veut mettre à la disposition des populations. Il y a des salles de séminaires qui sont là avec des commodités, la salle de conférences et la salle de conférences de presse.
Également des espaces qu’on a aménagés pour des cérémonies de mariage, de communion, etc. Nous voulons diversifier les activités, parce que le stade ne sera pas seulement là pour accueillir des compétitions ou bien des manifestations sportives, mais d’autres types d’événements comme les concerts, les foires, les salons.
Cette diversification devrait permettre l’optimisation des exploitations qui va contribuer de manière durable à l’entretien, à la maintenance et à la préservation des infrastructures sportives.



