Sénégal: La transition climatique au centre de la deuxième phase d'extension

Dans le cadre de sa deuxième phase d’extension 2025-2026, le Programme d’Appui aux Communes et Agglomérations du Sénégal (PACASEN) prévoit d’orienter son intervention vers des projets verts. L’annonce a été faite par le Directeur général de l’Agence de Développement Municipale (ADM), Dr Mamouth Diop, lors de la septième réunion du Comité de Pilotage Stratégique (CPS), tenue hier, lundi 12 janvier.
Réunis dans le cadre du septième Comité de Pilotage Stratégique (CPS), les acteurs clés du Programme d’Appui aux Communes et Agglomérations du Sénégal (PACASEN) ont passé en revue les acquis majeurs du programme et tracé les perspectives de sa poursuite. Présidant la rencontre, le Directeur général de l’Agence de Développement Municipale (ADM), Dr Mamouth Diop, a mis en exergue un tournant stratégique : l’intégration renforcée de la dimension climatique dans les interventions territoriales.
Après cinq années de mise en œuvre marquées par des résultats jugés probants dans l’accompagnement des politiques publiques de décentralisation, le PACASEN s’engage, dans sa phase d’extension 2025-2026, à faire du climat un axe central. «Le changement climatique constitue aujourd’hui un défi majeur pour les États. Investir massivement dans les infrastructures sociales, sans prendre en compte la dégradation climatique des territoires, n’est plus soutenable», a souligné Dr Diop.
C’est dans cette dynamique que le gouvernement du Sénégal, en partenariat avec la Banque Mondiale et l’Agence Française de Développement (AFD), a décidé d’orienter cette nouvelle phase vers des projets à fort impact climatique. Approuvée le 22 juin 2024, «la prolongation du programme, dotée d’un financement additionnel de 70 milliards de francs CFA, ouvre ainsi une nouvelle séquence axée sur l’adaptation et la résilience climatique des Collectivités territoriales», a relevé le Directeur général de l’ADM.
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Pour M. Diop, «ce financement permettra d’intégrer de manière systématique les enjeux climatiques dans les plans annuels d’investissement locaux, contribuant ainsi à la territorialisation de l’agenda climatique national». Il souligne, à cet égard, qu’un guide méthodologique, validé au niveau interministériel, a été élaboré pour accompagner les collectivités dans l’identification de leurs vulnérabilités, la priorisation d’actions climatiques pertinentes et l’accès aux mécanismes de financement climatique, tant nationaux qu’internationaux.
Dr Mamouth Diop est également revenu en large sur les résultats «tangibles» du programme et du PACASEN. Ainsi, sur le plan des réalisations, il a mis en exergue les résultats enregistrés entre novembre 2018 et novembre 2025 jugés significatifs. Selon lui «le programme a permis la mise en place d’un système de transferts fondé sur la performance, adossé à des mécanismes d’évaluation partagés par l’ensemble des acteurs. La transparence et la prévisibilité des transferts ont été renforcées, notamment grâce à l’inscription des allocations dans la loi de finances et au respect du calendrier budgétaire».
De même, «l’opérationnalisation du logiciel GFILOC dans l’ensemble des collectivités a également amélioré la redevabilité vis-à-vis de l’État et des citoyens», a-t-il ajouté. En outre, sur le plan financier, Dr Diop a fait savoir que «des réformes majeures ont permis une augmentation globale des ressources transférées et une amélioration notable des recettes fiscales locales». Il ajoute à cela «la mobilisation de plus de 155 milliards de francs CFA au titre de la performance, ainsi que la réalisation de 1 393 projets prioritaires dans des secteurs essentiels, pour un montant dépassant 38 milliards de francs CFA».
Toutefois, malgré ces avancées, «des défis subsistent, notamment en matière d’exécution des investissements et de capacités techniques locales», admet-il. Pour y faire face, assure le Dg de l’ADM, «des actions correctives sont engagées, incluant un suivi renforcé, le coaching territorial et le respect strict des calendriers de mise à disposition des ressources».
Pour l’horizon 2026, Dr Mamouth Diop a enfin décliné quatre orientations majeures : l’accélération de la mise en œuvre des activités, le renforcement de la responsabilité des parties prenantes, la formulation d’un nouveau programme d’appui à la décentralisation et la capitalisation systématique des bonnes pratiques, afin de consolider et pérenniser les acquis du PACASEN.


