Sénégal: Crise à l'Agence de réglementation pharmaceutique – Les syndicats exigent une commission d'enquête

Depuis quelques mois, l’intersyndicale de l’agence de réglementation pharmaceutique regroupant le Sames et le Sutsas est en conflit ouvert avec la direction autour de la gouvernance de l’institution.
Selon l’intersyndicale, l’Arp traverse actuellement une crise institutionnelle profonde, marquée par une succession de scandales, notamment une mauvaise gouvernance, des soupçons de trafic de médicaments, et plus récemment l’affaire Softcare. Face à des situations qui qui selon les syndicats portent atteinte à la crédibilité de l’agence et à l’image du pays, ils ont exigé hier, jeudi 8 janvier dans un communiqué rendu public, la mise en place d’une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur ces dysfonctionnements.
Ils estiment : « Au lieu d’entendre cette légitime préoccupation, la direction générale de l’ARP répond par des menaces à peine voilées, notamment de retenues sur salaire. Ainsi, on cherche à sanctionner des agents dont le seul « tort » est d’exiger que soient mis à la disposition des Sénégalais des médicaments sûrs, efficaces et de qualité ». La source d’ajouter : « notre combat est noble. Il s’agit d’éviter les résistances bactériennes, d’éviter les traitements inefficaces, de protéger le portefeuille des plus modestes, de préserver la santé publique ».
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L’intersyndicale s’interroge également sur le point de savoir s’il est interdit, ou même criminel de poser certaines questions. Pourquoi, malgré l’alternance politique, les mêmes pratiques opaques perdurent-elles ? Pourquoi un Sénégalais ordinaire n’a-t-il aucune chance d’être recruté dans cette agence sans être « recommandé ou appartenir à un groupe bien déterminé » ?
Pourquoi refuser la mise en place d’une commission d’enquête sur des faits aussi graves, susceptibles de causer des dommages inestimables à la population ? Pourquoi la direction cherche-t-elle à empêcher les agents de dénoncer les mauvaises pratiques et les manquements à l’éthique pharmaceutique ? Pourquoi s’empresser de contredire un rapport officiel, signé par des personnes habilitées, sans aucun fondement réglementaire ?
« Nous, agents de l’ARP et membres des syndicats Sames et Sutsas, avons cru, comme tous les Sénégalais, à la promesse du « Jubb, Jubbali, Jubbanti » une rupture avec les anciennes pratiques. Aujourd’hui, nous constatons amèrement que les dérives persistent. Nous tenons à rappeler à la direction générale que les syndicats resteront toujours vigilants pour défendre la santé des populations » a relevé le communiqué.
Et de renchérir : « un succès bâti sur la tromperie n’est qu’un échec déguisé. Et tôt ou tard, lorsque l’édifice commencera à s’effriter, l’impensable sera mis à nu. Nous appelons une nouvelle fois les plus hautes autorités du Sénégal à intervenir urgemment pour sauver cette institution stratégique, garantir l’intégrité de sa mission et restaurer la confiance des citoyens ». Pour rappel, l’Arp a atteint le Niveau de Maturité 3 (NM3), faisant d’elle, une agence de référence en Afrique francophone.



