Sud-est de la RDC: une enquête accuse le géant minier CMOC de pollutions ayant «provoqué une crise sanitaire»

L’Environmental Investigation Agency (EIA), organisation internationale qui « enquête et mène campagne contre les crimes et les abus environnementaux », estime dans un rapport qu’une « mine de cobalt approvisionnant les principaux constructeurs automobiles occidentaux aurait empoisonné les communautés locales et déplacé des milliers de personnes » dans la province du Lualaba, dans le sud-est de la RDC. Détails.

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Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

En République démocratique du Congo (RDC), une enquête d’une organisation internationale alerte sur une possible crise sanitaire liée à l’exploitation du cobalt dans la province du Lualaba, dans le sud-est de la RDC. Selon un rapport publié par l’Agence d’investigation environnementale, la croissance rapide des activités du géant minier CMOC, notamment autour de la mine de Tenke Fungurume, pourrait être associée à une pollution de l’air touchant des communautés vivant à proximité des installations industrielles. L’enquête évoque des cas de maladies respiratoires graves et des niveaux élevés de dioxyde de soufre mesurés dans la zone. L’entreprise, elle, conteste tout lien entre ses activités et ces problèmes de santé.

Toux sanglantes, bronchites et pneumonies

Pendant plus de trois ans, les enquêteurs de l’Agence d’investigation environnementale ont analysé des dossiers médicaux, réalisé des mesures indépendantes de la qualité de l’air et interrogé des habitants vivant autour de la mine de Tenke Fungurume, dans la province du Lualaba. Selon ce rapport, plus de 1 200 dossiers médicaux montrent une hausse importante de maladies respiratoires depuis 2023 : toux sanglantes, bronchites et pneumonies chez des habitants et des travailleurs vivant à proximité du site minier.

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Les chercheurs ont également mesuré des niveaux de dioxyde de soufre, un gaz toxique produit lors du traitement du cuivre et du cobalt, largement supérieur aux normes internationales dans certaines zones proches de l’usine dite « 30K », capable de traiter 30 000 tonnes de minerai par jour.

Tenke Fungurume Mining rejette ces conclusions

Mais la société Tenke Fungurume Mining, filiale du groupe chinois CMOC, rejette ces conclusions. Elle affirme que ses données montrent des concentrations de gaz qui respectent les normes réglementaires et conteste tout lien direct avec les problèmes de santé signalés dans les communautés voisines.

Le rapport appelle désormais le gouvernement congolais à ouvrir une enquête indépendante sur les conséquences sanitaires et environnementales de l’exploitation du cobalt dans la région.

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