Sud de la RDC: des habitants de Kolwezi inquiets des conséquences de l’activité minière sur le centre-ville

Le centre-ville, où se trouve l’essentiel des commerces de Kolwezi, au sud de la RDC, serait-il en train de disparaitre au profit de l’exploitation de l’entreprise chinoise Compagnie minière de Musonoi (Comus) ? Depuis près de dix ans, le quartier a perdu près de la moitié de son espace. Des centaines de maisons sont détruites et certaines familles ont été délocalisées par l’entreprise. Mais le risque de voir ce vieux quartier, qui date de l’époque coloniale, disparaitre de la carte reste permanent, alertent des ONG locales.
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Avec notre envoyée spéciale à Kolwezi, Denise Maheho
Derrière l’ambiance du centre commercial de Kolwezi, dans le sud de la RDC, ce sont des ruines. Certaines maisons se sont écroulées à la suite des activités de minage de l’entreprise Compagnie minière de Musonoi (Comus), décrit Beatrice Kalume qui habite ce quartier. « Ici, il y avait une maison appartenant à papa Joseph. Vers 2h du matin, suite aux fissures, un mur est tombé. Là, il y avait même une université. Et il y avait une maison qui s’est écroulée alors qu’il y avait des gens à l’intérieur. Il ne reste plus que des ruines et c’est devenu un dépotoir », assure-t-elle.
Un peu plus loin, le jeune William Kanik vit dans une peur permanente. Sa maison est à moins de 100 mètres de la mine. « La maison qui est derrière moi s’est écroulée, affirme-t-il. Une dame et sa famille vivaient là-bas. Là, elle a trouvé refuge chez une autre voisine ».
« Les églises disparaissent, les bâtiments commerciaux tombent »
Pour Maître Donat Kambola, directeur de l’ONG des droits de l’homme Initiative pour la bonne gouvernance et les droits humains (IBGDH), l’avenir du centre-ville de Kolwezi est très sombre. « Aujourd’hui, ce sont les immeubles dans le centre commercial qui s’écroulent alors que ça fait partie de la beauté et de l’histoire de la ville, déplore-t-il. Les églises disparaissent, les bâtiments commerciaux tombent, donc c’est un avenir très sombre ».
Au ministère provincial des Affaires foncières, on est conscient de la situation. Cependant, le ministre indique qu’en cas de délocalisation l’entreprise devra d’abord construire de nouveaux logements.
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