Soudan du Sud: les habitants d'Akobo fuient la ville, craignant de nouveaux combats

Au Soudan du Sud, la ville d’Akobo – frontalière de l’Éthiopie, à l’est de l’État du Jonglei – s’est vidée de ses habitants dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 mars 2026. Tenue par le mouvement d’opposition du vice-président Riek Machar, la ville était devenue, ces dernières semaines, un lieu de refuge pour plus de 40 000 déplacés.
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Avec notre correspondant à Juba, Florence Miettaux
Les combats se sont multipliés, depuis fin décembre 2025, entre les forces du président Salva Kiir et celles de l’opposition, dans cette région du nord du Jonglei. L’armée avait donné, vendredi 6 mars, un ultimatum de 72 heures intimant à l’ONU, aux ONG et aux civils de quitter les lieux. Si les Casques bleus sont toujours sur place, les habitants ont commencé à fuir et la ville était quasiment déserte à la mi-journée de ce dimanche 8 mars.
C’est à pied, portant leurs affaires sur la tête, que les femmes et les enfants qui avaient trouvé refuge à Akobo ont décidé de fuir. L’ultimatum expire lundi 9 mars, mais l’armée gouvernementale s’est rapprochée de la ville dès samedi. Dès lors, des combats ont eu lieu ainsi que dimanche matin, à l’ouest d’Akobo, faisant craindre une attaque imminente sur la ville.
Selon les autorités locales, deux vols ont quitté Akobo dimanche matin, pour évacuer les humanitaires vers Juba. Les habitants, eux, fuient direction l’Éthiopie, dans des conditions on ne peut plus précaires. « Les gens n’ont nulle part où aller, puisqu’ils ont déjà fui leurs villages », explique Sam Koang Malual, un journaliste local.
Mais la peur de vivre de nouveaux combats les a poussés à l’exode, malgré l’absence de soutien humanitaire de l’autre côté de la frontière.
Quant à la Mission des Nations unies, elle n’a pas encore communiqué sa réponse officielle à l’ordre du gouvernement de fermer sa base à Akobo, mais plusieurs sources indiquent que les casques bleus de l’ONU n’ont pas l’intention de partir.
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