Sommet Guinée-Liberia-Sierra Leone: «Une coopération militaire renforcée évitera une escalade à nos frontières»

Après plusieurs incidents à leurs frontières, Guinée, Liberia et Sierra Leone ont signé, lundi 16 mars 2026 à Conakry, un communiqué en 15 points. Objectif : désamorcer la crise et renforcer la coopération sécuritaire dans une région fragilisée. Le ministre sierra-léonais des Affaires étrangères, Timothy Kabba, revient sur les grandes lignes de cet accord pour RFI.
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RFI : Qu’est-ce que c’est que le protocole de l’Union du fleuve Mano [1] ?
Timothy Kabba : Le protocole de l’Union du fleuve Mano est un mécanisme qui permet de traiter les différends frontaliers. Dans le communiqué, les dirigeants se sont engagés à se réunir à nouveau dans un mois afin de poursuivre les discussions, notamment sur le développement et la création d’opportunités économiques dans les zones frontalières communes.
Dans les années 1970 et 1980, avant la guerre civile en Sierra Leone, la ville de Koindu était un véritable carrefour commercial régional, où se retrouvaient des commerçants venus de Côte d’Ivoire, du Mali, de Guinée, du Liberia et de Sierra Leone. C’est ce type d’initiatives que les dirigeants souhaitent aujourd’hui relancer.
Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?
C’est un signal positif : celui d’une sous-région prête à travailler ensemble pour la paix, la sécurité, la stabilité et le développement.
Ces dernières années, nous avons observé des incidents répétés aux frontières, qui ont provoqué des tensions entre les forces militaires déployées dans ces zones. La situation était devenue une source d’insécurité majeure, parfois même plus préoccupante que le terrorisme dans la région.
Le fait que les dirigeants se soient réunis à Conakry a permis d’aborder ces problèmes de fond et de chercher des solutions.
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Cette réunion intervient après des tensions récentes avec la Guinée, notamment l’annonce d’un déploiement de troupes à la frontière avec le Liberia…
La réunion s’est tenue dans un esprit très fraternel. Et bien sûr, chaque pays a la responsabilité de défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale. Le déploiement de soldats aux frontières est une pratique normale de défense pour assurer la protection du territoire.
Et maintenant, quelles sont les prochaines étapes ?
Il faut désormais approfondir la coopération, notamment en matière de renseignement, de coordination militaire et de projets communs entre États. Ce sont des engagements que les dirigeants sont prêts à mettre en œuvre.
Il faut aussi garder à l’esprit que ces frontières ont été tracées à l’époque coloniale, sans tenir compte des réalités locales. Nos populations restent profondément liées. L’objectif est d’éviter toute nouvelle tension susceptible de menacer la paix et la stabilité dans la sous-région.
[1] La Guinée, le Liberia, la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire sont membres de l’Union du fleuve Mano, une organisation visant à faciliter le libre-échange dans le commerce, le développement des infrastructures et le renforcement de la sécurité dans le bassin du fleuve Mano.



