Sénégal: un collectif critique les méthodes des forces de l'ordre après la mort de l'étudiant Adboulaye Ba

Au Sénégal, la société civile lance un collectif contre les bavures policières. Le collectif a été créé au lendemain de la mort d’Adboulaye Ba, étudiant de 21 ans tué sur le campus de Dakar au cours d’une intervention des forces de l’ordre le lundi 9 février. Le 20 février, une dizaine d’organisations regroupant des militants des droits humains et des représentants d’étudiants se sont réunies au siège d’Amnesty International Sénégal. Le mouvement veut que justice soit rendue et demande des réformes des méthodes de maintien de l’ordre.
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Avec notre correspondante à Dakar, Pauline Le Troquier
Pour le collectif, l’enquête sur la mort d’Abdoulaye Ba doit être l’occasion de regarder en face la question des violences policières, qu’elles se déroulent à l’université ou dans le reste du Sénégal. Mercredi 18 février, le ministre de l’Intérieur a annoncé des sanctions pour plusieurs cadres de la police nationale. Tous ont été relevés de leurs fonctions après l’intervention des forces de l’ordre le 9 février, à l’intérieur de l’université Cheikh-Anta-Diop (Ucad).
Une mesure insuffisante, estime Mouhamed Fadel Adje. « Qu’ils soient relevés de leurs fonctions, oui, mais après que va-t-il se passer ? », s’interroge le secrétaire général de la Fédération des élèves étudiants du département de Dakar, « si vous sanctionnez les chefs, cela va se répéter parce qu’il y a les mêmes personnes [des policiers – Ndlr] qui ont reçu la même formation avec le même sentiment d’impunité. Je rappelle que le résultat de ces bavures policières [du 9 février – Ndlr], c’est un étudiant mort, des personnes qui ont perdu leur main, leurs yeux… »
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Permettre aux citoyens de filmer la police en cas de bavure afin de faciliter les signalements est l’une des mesures proposées par le mouvement citoyen dans son plan d’action communiqué aux autorités. Pour Momar Assane Diouf, l’un des créateurs du collectif, il faut avant tout revoir la formation des policiers.
« On sait que des étudiants ont reçu des coups de casque. Donc il va falloir qu’ils se forment aux techniques de maintien de l’ordre », propose le jeune leader, « comment intervenir, quand le faire, et donner de la dignité aux Sénégalais, car même quand quelqu’un est en tort, il a des droits. »
Le collectif appelle l’ensemble des Sénégalais à porter ces revendications au cours d’une première marche pacifique prévue ce samedi 21 février, à 15 heures, dans la capitale sénégalaise.
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