Sénégal: polémique après la découverte de produits périmés dans des couches et des serviettes hygiéniques

Au Sénégal, 1 300 kilos de matières premières périmées ont été découverts dans une usine de Softcare, filiale d’un groupe chinois, spécialisée dans la fabrication de couches pour bébés et de serviettes hygiéniques. L’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP), qui avait d’abord exigé, le 8 décembre, le retrait du marché des produits de la marque a fait volte-face une semaine plus tard, assurant que ces matières périmées n’auraient pas été utilisées dans la fabrication des couches. Depuis, des soupçons de tentative de corruption pèsent sur l’entreprise et une mission d’information annoncée par le ministère de la Santé tarde à rendre ses conclusions.
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Avec notre correspondante à Dakar, Lea-Lisa Westerhoff
Des rapports de l’Agence de réglementation pharmaceutique contradictoires mais également des accusations de tentatives de corruption d’inspecteurs de cette agence : la volte-face de l’ARP alimente les doutes au Sénégal. Face à ces incohérences, le parti d’opposition FRAPP (Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine) demande des clarifications.
« Qui dit la vérité ? Sur quelles bases scientifiques et techniques reposent ces deux communications contradictoires ? Et surtout, les enfants du Sénégal ont-ils été exposés à des produits potentiellement dangereux ou non ? », interroge Magor Dieng, membre du mouvement.
« Quand il s’agit de couches pour bébés, il ne s’agit pas d’un produit ordinaire. Il s’agit d’articles en contact direct, prolongé et intime avec la peau fragile des nourrissons. La moindre négligence peut avoir des conséquences graves : irritations, infections, troubles hormonaux ou autres impacts à long terme », poursuit-il.
Nous tenons à être clairs. Nous ne condamnons aucune entreprise sans preuve, mais nous refusons catégoriquement le flou, le silence et les contradictions. C’est pourquoi nous demandons solennellement une clarification officielle et définitive de l’Agence de régulation pharmaceutique, fondée sur des faits vérifiables.
Magor Dieng, membre du parti d’opposition FRAPP
Toujours pas de conclusions
Le 19 décembre, le ministère de la Santé avait annoncé une mission conjointe avec le ministère du Commerce pour faire la lumière sur l’affaire. Deux semaines plus tard, aucun résultat n’a été rendu public. Pour le Dr Serigne Modou Babou, il faut aussi se pencher sur la gestion de l’ARP.
« Il y a eu des remontées depuis des mois, voire plus d’un an, sur une gestion opaque et litigieuse de l’Agence de réglementation pharmaceutique. Nous avons récemment déposé une lettre pour demander la publication de l’audit de l’ARP », explique-t-il.
Plus de 1 000 citoyens ont signé une pétition réclamant toute la transparence sur la fabrication des produits Softcare. Une mission parlementaire a également été mise en place afin d’éclairer les députés sur le sujet.
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