Sénégal: marche symbolique à Dakar contre les violences policières

Au Sénégal, l’émotion reste vive après les violences survenues à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Un étudiant, Abdoulaye Ba, y a perdu la vie. Ce samedi 21 février, une cinquantaine de personnes ont participé à une marche symbolique dans le centre de Dakar pour dénoncer les violences policières. Une marche organisée à l’appel d’un collectif formé d’organisations d’étudiants, d’élèves et d’activistes. L’entrée des forces de l’ordre sur le campus et des vidéos montrant des brutalités ont profondément choqué l’opinion. Beaucoup de Sénégalais attendaient une rupture avec ces pratiques depuis l’arrivée au pouvoir, en 2024, des nouvelles autorités.

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Avec notre correspondante à Dakar, Juliette Dubois

« Justice pour Abdoulaye », « Plus jamais ça », « Non à l’impunité »… Des slogans brandis sur les pancartes des manifestants qui marchaient au son de chansons de reggae. 

Parmi eux, de nombreux sympathisants et militants du Pastef, le parti aujourd’hui au pouvoir. Tous disent être là pour tirer la sonnette d’alarme. Selon eux, ces méthodes appartiennent à une époque que le pays pensait révolue.

Selon Amnesty International, 66 personnes ont été tuées lors des violences politiques entre 2021 et 2024. Un épisode douloureux dans l’histoire récente du Sénégal, qui reste encore impuni. 

Le message adressé aux autorités était donc double : mettre fin à l’impunité et restaurer la confiance envers une police dont une partie de la population se dit aujourd’hui méfiante.

Le procureur de la République affirme que l’étudiant Abdoulaye Ba est mort accidentellement, après une chute du quatrième étage de sa résidence universitaire, alors qu’il tentait d’échapper à un incendie. Mais les manifestants estiment que l’étudiant n’aurait pas cherché à fuir si les forces de l’ordre n’étaient pas intervenues sur le campus social de l’université.

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Des vidéos devenues virales montrent également des agents en train de frapper des jeunes à l’intérieur du campus. Cette semaine, plusieurs responsables policiers ont été suspendus. Une mesure jugée insuffisante par les manifestants, qui réclament des enquêtes approfondies et des poursuites judiciaires.

Un collectif, créé le 20 février, demande désormais justice pour Abdoulaye Ba et plus largement, la fin des violences policières au Sénégal.

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