Sénégal: les cimentiers s'inquiètent des conséquences du durcissement fiscal annoncé par Ousmane Sonko

Les industries cimentières installées au Sénégal répliquent après les déclarations fracassantes du Premier ministre Ousmane Sonko. Lors de sa conférence de presse jeudi, Sonko avait accusé les quatre cimentiers du pays d’être responsables d’un manque à gagner de 418 milliards de francs CFA pour l’État, lié à des avantages fiscaux jugés injustifiés. Les industriels, eux, défendent la légitimité de leurs conventions et mettent en garde contre les conséquences d’un durcissement fiscal.
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Avec notre correspondante à Dakar, Juliette Dubois
Dans un communiqué commun, les principaux industriels du secteur, Sococim, Dangote, les Cimenteries du Sahel et Ciments de l’Afrique, rejettent l’idée d’avantages fiscaux indus. Les dispositifs évoqués par le gouvernement relèvent, selon eux, de conventions signées avec l’État lui-même pour attirer les investissements. Remettre en cause ces accords, avertissent-ils, c’est toucher à la sécurité juridique de tous les partenaires économiques du pays.
Les industriels font valoir leur bilan : 600 milliards de francs CFA investis en cinq ans, plus de 10 000 emplois, et des prix du ciment parmi les plus bas d’Afrique de l’Ouest. Et ils préviennent : un durcissement fiscal brutal pourrait se traduire par une hausse du prix du ciment, avec des répercussions directes sur le coût de la construction et le pouvoir d’achat des Sénégalais.
Ce bras de fer s’inscrit dans une offensive plus large du gouvernement, qui a engagé une revue systématique des conventions signées sous Macky Sall. Jeudi, Ousmane Sonko a chiffré le manque à gagner à 418 milliards de francs CFA et annoncé le réalignement immédiat des cimenteries sur le droit commun, ce qui devrait rapporter 360 milliards de recettes supplémentaires par an à l’État. Les industriels, eux, demandent que les conclusions des audits soient d’abord présentées dans un cadre officiel.



