Sénégal: l'arrestation pour homosexualité présumée d'un agent de la banque du sang crée une psychose en ligne

Au Sénégal, la « traque » des homosexuels se poursuit. Dernier cas en date, celui d’un médecin en poste au Centre national de la transfusion sanguine (CNTS). Interpellé, jeudi 2 avril, il est accusé d’actes contre nature et de transmission volontaire du VIH. Son employeur, la principale banque de sang du Sénégal, a réagi après une série de fausses informations en ligne autour d’une possible contamination de poches de sang.
Publié le : Modifié le :
1 min Temps de lecture
Avec notre correspondante à Dakar, Pauline Le Troquier
Lors de son interpellation, le médecin en poste au Centre national de la transfusion sanguine (CNTS), était en fuite à l’aéroport international Blaise-Diagne, raconte une source chargée du dossier au tribunal de Pikine Guédiawaye.
Ce médecin de 38 ans, dont le nom n’a pas filtré, est soupçonné d’avoir eu des relations sexuelles avec l’animateur de télévision, Pape Cheikh Diallo, une figure médiatique, au cœur d’accusations d’actes contre nature et de transmission volontaire du VIH.
Après l’arrestation, jeudi, de cette personne, issue du principal établissement de collecte de sang du pays, le même type de commentaires inonde les réseaux sociaux. « Il est urgent de vérifier que les poches de sang n’ont pas été contaminées pour propager le VIH », dit l’un d’entre eux.
À ce stade, les responsables chargés du dossier, n’ont pas précisé si le suspect était effectivement séropositif, mais vendredi, l’institution a tenu à réagir face à l’ampleur des spéculations en ligne.
« Chaque unité de sang collectée fait systématiquement l’objet de tests rigoureux, notamment pour le VIH […]. Donner son sang reste un acte sûr », insiste le Centre national de la transfusion sanguine (CNTS) dans un communiqué relayé également par le gouvernement.
Depuis deux mois, cette même affaire crée un climat de psychose dans le pays. 57 hommes ont été interpellés dans ce cadre.
À lire aussiÀ la Une: le Sénégal durcit encore la loi contre l’homosexualité



