Sénégal: à Bignona, le festival des musiques urbaines, un tremplin pour jeunes rappeurs et slameurs

À Bignona, ville de Basse-Casamance, au Sénégal, se tenait la 11e édition du festival des musiques urbaines de Bignona. Un évènement qui depuis plus de 10 ans veut faire du chef-lieu du département un rendez-vous des musiques actuelles et de la jeunesse.

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Avec notre envoyée spéciale à Bignona, Léa-Lisa Westerhoff

Le premier soir, une quinzaine d’artiste déclament leur texte à tour de rôle, mais avec du rap ou encore du ragga. Sur la scène qui a été dressée sur la grande place de Bignona, les slameurs s’enchaînent. Parmi eux, Djeynabou, 18 ans, voile blanc sur les cheveux et pantalon orange, elle se produit pour la première fois et n’en revient pas. Elle a découvert cet art oratoire, il y a 6 mois à son arrivée au lycée de Bignona : « Je suis tellement heureuse de déclamer en public et je rêve de devenir une plus grande slameuse. »

Comme Djeynabou Arfang, 25 ans a, lui aussi, commencé à slamer sur cette scène de Bignona, il y a huit ans… et il n’a jamais arrêté depuis : « C’est la première fois que je suis monté sur scène pour m’exprimer en slam devant un public, ça m’a beaucoup motivé, ça m’a beaucoup forgé. C’est un tremplin. Je ne m’exprime pas seulement à Bignona, mais aussi à Dakar ou à Ziguinchor. Je suis un peu connu. »

Compétition pour de jeunes artistes

Et sur la compétition, le samedi, il faut tout donner pour faire la différence et profiter de ce tremplin. Le flow est tranchant en deux morceaux. Paco MC, 22 ans, venus d’un village enclavé de la côte, ne peut pas laisser passer sa chance : « Kafountine, c’est isolé, c’est très loin. Dans la compétition, il y a des artistes connus, donc c’est très difficile de les concurrencer. Mais on fera tout notre possible pour gagner. »

Douze jeunes artistes sont en concurrence pour ce premier concert tremplin organisé à Bignona pour Taiji Scin, un rappeur de Thiès et membre du jury, il était temps : « Ça doit se passer partout. Ça se passe à Dakar, ça se passe à Thiais. Pourquoi pas en Casamance ? Parce que la culture urbaine et la jeunesse, c’est partout. »

Un festival gratuit et une respiration pour la Casamance

PPS the Writah, l’un des rappeurs stars du festival, appelle à prendre soin de ce rendez-vous en Casamance et de ce mode d’expression : « Pour moi, s’il n’y avait pas ce hip-hop ou cette musique, peut-être qu’on serait autre chose et ce ne serait pas très joli pour la société sénégalaise. La musique a permis de sauver beaucoup de gens. »

Momar Ndiaye qui a créé ce festival a voulu en faire un véritable rendez-vous des musiques modernes et une respiration : « C’est une localité de la Casamance qui a vécu 30 ans de crise et qui a besoin de décompresser, d’oublier cette tension qui a toujours existé. Bignona méritait d’avoir un festival. »

Un festival sur deux jours, entièrement gratuit pour le public et financé tant bien que mal chaque année par des sponsors et des partenaires privés, alors que les musiques urbaines ont été célébrées toute la nuit sur la grande place sous les étoiles.

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