Rwanda: recours de l’opposante Victoire Ingabire à la Cour suprême contre son arrestation

Au Rwanda, Victoire Ingabire et ses représentants ont défendu ce 4 mars 2026 un recours contre l’arrestation en juin 2025 de l’opposante. Cette dernière est en détention provisoire depuis près de huit mois.

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Au Rwanda, la Cour suprême a examiné ce mercredi 4 mars 2026 un recours de Victoire Ingabire contre son arrestation en juin 2025, rapporte notre correspondante à Kigali, Lucie Mouillaud. L’opposante avait été arrêtée suite à une convocation pour témoigner dans le procès de certains de ses partisans.

En détention provisoire depuis, et poursuivie notamment pour « conspiration en vue d’inciter à l’insurrection », Victoire Ingabire dénonce l’anticonstitutionnalité d’un article de loi.

L’article 106 de la loi régulant les procédures criminelles, qui a mené à l’arrestation de Victoire Ingabire, autorise le tribunal à convoquer dans un procès des individus considérés comme potentiels complices des accusés, et à ordonner l’ouverture d’une enquête si leurs explications sont jugées insuffisantes.

La Cour suprême doit se prononcer le 27 mars

Une mesure qui viole certains principes constitutionnels selon les avocats de l’opposante, notamment la présomption d’innocence et la séparation des pouvoirs judiciaires. Pour la défense, l’ouverture d’investigations sur ordre du tribunal compromet l’indépendance de celles-ci et du travail du ministère public.

Des arguments rejetés par l’avocate représentante de l’État : l’article de loi donne les moyens au tribunal de s’assurer que chaque individu réponde de ses actes, défend-elle, et l’ouverture d’une enquête ne signifie pas que des poursuites seront engagées. La Cour suprême doit se prononcer le 27 mars prochain.

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Figure de l’opposition et critique du président Paul Kagame, Victoire Ingabire est revenue d’exil en 2010 pour se présenter à la présidentielle. Elle avait été arrêtée la même année puis condamnée en 2013 à 15 ans de prison pour des accusations liées notamment à la sécurité de l’État et à la négation du génocide des tutsis ; accusations qu’elle a toujours contestées. Elle a été libérée en 2018 suite à une grâce présidentielle, mais sans autorisation de quitter le pays et sans recouvrer l’entièreté de ses droits civiques – dont la possibilité de se présenter à une élection – et son parti d’opposition n’a pas obtenu de reconnaissance officielle. En 2025, elle a de nouveau été arrêtée et poursuivie pour des faits liés à une supposée organisation criminelle et à l’incitation à des troubles publics, ce qu’elle nie. Son cas est régulièrement cité par des ONG et des observateurs internationaux comme un exemple des fortes restrictions pesant sur l’opposition politique au Rwanda.

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