Relance du processus de paix entre la RDC et le Rwanda: à quoi se sont réellement engagés Kinshasa et Kigali?

Alors que le Rwanda et la RDC disent avoir convenu de « mesures concrètes » pour relancer le processus de paix entre les deux pays lors de la réunion organisée mercredi 18 mars à Washington, quels sont les engagements concrètement pris à cette occasion ? Et quelle pression les États-Unis exercent-ils sur les deux parties ?
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À l’invitation de la médiation américaine, des représentants de la RDC et du Rwanda se sont retrouvés mercredi 18 mars à Washington en vue de relancer le fragile processus de paix signé par Kinshasa et Kigali le 27 juin dernier aux États-Unis.
Pour ces discussions conduites sous la houlette de Peter Lord, le principal adjoint au secrétaire d’État pour les affaires africaines, les Américains avaient exigé des deux pays la présence de délégations de haut niveau.
Côté congolais, Patrick Luabeya, l’envoyé spécial du président Félix Tshisekedi, était donc accompagné entre autre de Sumbu Sita Mambu, le haut-représentant du chef de l’État en charge du suivi du processus de Luanda, et du général Sasa Nzita, le chef du renseignement militaire.
Côté rwandais, le général de brigade Jean-Paul Nyirubutama, conseiller principal adjoint en matière de défense et de sécurité du président Paul Kagame, était quant à lui entouré du général Régis Gatarayiha, le patron du renseignement militaire, et de la porte-parole du gouvernement, Yollande Makolo.
Forte pression américaine
À l’issue de la rencontre, les deux parties – qui ont notamment évoqué la mise en œuvre proprement dite de l’accord à l’occasion de ce rendez-vous – disent avoir convenu de « mesures concrètes » pour avancer dans la mise en place d’un cessez-le-feu et d’un plan de désescalade. Alors que de son côté, le médiateur américain voit dans cette réunion un possible point d’inflexion, quels sont les engagements concrètement pris tant du côté congolais que du côté rwandais ? Et quelle pression les États-Unis exercent-ils sur les protagonistes ?
Selon nos informations, cette dernière est très forte, Washington souhaitant accélérer le processus pour parvenir à une mise en œuvre complète du plan opérationnel – le Conops – d’ici à la fin de l’année, avec une première évaluation avant le 15 avril. Si un échéancier a bien été défini, il n’a pas été rendu public.
En ce qui concerne les exigences américaines, Washington attend notamment du Rwanda qu’il retire toutes ses troupes et tout son matériel du territoire congolais, ce qui correspond au désengagement programmé des forces rwandaises et à la levée par Kigali de certaines mesures dites défensives dans des zones précises du territoire congolais mentionnés dans le communiqué conjoint publié à la fin de la réunion de mercredi.
Côté congolais, la pression américaine porte notamment sur la lutte contre les FDLR sur le territoire congolais, avec la mise en place d’un calendrier précis. Selon les informations de RFI, six zones ont été identifiées : cinq dans des territoires aux mains de l’AFC/M23, une dans une zone contrôlée par Kinshasa.
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