RDC: l'UDPS évoque un projet de troisième mandat pour Félix Tshisekedi, l'opposition s'indigne

Le débat sur une révision de la Constitution a été relancé en République démocratique du Congo (RDC), depuis que l’UDPS au pouvoir depuis 2019 a annoncé son intention de « toucher » à la Constitution, ce qui devrait permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat. Ce dernier est censé quitter son poste en 2028. Le deuxième vice-président du Sénat Modeste Bahati, lui, s’est publiquement prononcé contre cette éventualité, tout comme l’opposition, qui s’indigne.
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Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa
Pour des caciques du régime, Félix Tshisekedi ne remplit pas un mandat, mais une mission. D’autres suggèrent qu’il n’y ait quasiment plus d’élections jusqu’à la fin des violences dans l’est du pays.
Samedi 7 mars, le chef du parti présidentiel UDPS, Augustin Kabuya, a donné le ton face aux cadres et militants réunis au siège du parti : « Mobutu a révisé la Constitution 17 fois, Laurent-Désiré Kabila l’a touchée trois fois, Joseph Kabila l’a retouchée. Au nom de quel principe allez-vous interdire à notre régime d’y toucher ? Soyez calmes et que les choses soient claires, nous allons toucher à cette Constitution. »
« Démarche suicidaire »
Le même jour, le ministre des Sports Didier Budimbu, allié du président, a enfoncé le clou lors d’un rassemblement à la sortie de Kinshasa : « Qu’on ne se voile pas le visage. Nous n’allons pas faire du genre les deux mandats prennent fin, puis on cède le pouvoir, pour le donner à qui ? Et pour que celui à qui on le donne en fasse quoi ? Nous allons tout droit vers un troisième mandat, nous n’aurons pas honte. »
Une « démarche suicidaire », avertit le camp de l’ex-président Joseph Kabila, qui estime que le régime en place veut « défier le peuple ». Un débat que l’opposant Martin Fayulu a déjà jugé « inopportun » appelant « à ne plus se laisser distraire ». De son côté, Jean-Marc Kabund parle d’un débat « moralement inacceptable » et « politiquement irresponsable » en plein conflit dans l’est du pays.
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