RDC: les processus de paix toujours plus fragilisés après une attaque de drone sur Goma

L’explosion d’une résidence civile, mercredi 11 mars, dans la ville de Goma, à l’est de la République démocratique du Congo, fait réagir. Alors qu’une humanitaire française employée par l’Unicef et deux autres civils ont été tués, des diplomates européens évoquent la piste d’une attaque de drone. Un événement qui intervient dans un contexte fragile et qui remet en question le cessez-le-feu et les processus de paix qui s’enlisent toujours plus. 

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L’AFC/M23, groupe armé occupant la capitale de la province du Nord-Kivu, Goma, accuse directement le président Félix Tshisekedi. Le mouvement affirme que la frappe survenue mercredi 11 mars dans la matinée visait son coordinateur politique, Corneille Nangaa et son coordinateur militaire, Sultani Makenga. L’objectif, affirment les rebelles, est de décapiter son leadership. En lieu et place de cela, trois personnes seraient mortes, dont, pour sûr, une employée française de l’Unicef.

Pour l’AFC/M23, ces attaques violent les accords de paix et le cessez-le-feu. Le mouvement parle d’une mise à mort intentionnelle du processus de paix.

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Du côté de Kigali, la réaction a été immédiate. Le porte-parole adjoint du gouvernement rwandais, Jean-Maurice Uwera, souligne la menace que ces événements représentent pour la frontière du Rwanda. Et la porte-parole Yolande Makolo a martelé que les condamnations publiques ne mentionnent pas l’origine de ces frappes.

Des accusations implicitement rejetées par Kinshasa, qui reste prudente. Dans un communiqué diffusé dans la soirée de mercredi, le gouvernement congolais évoque des « des explosions survenues à l’aube », ajoutant que ses forces armées ne pourraient entreprendre une action qui contrarie ses valeurs que sont la protection des civils et des humanitaires, y compris en zones sous contrôle de l’AFC/M23.

Du côté de l’ONU, le numéro un par intérim de la Monusco, Bruno Lemarquis, réclame une enquête rapide. Il rappelle que les attaques contre le personnel des Nations unies pourraient constituer des crimes de guerre. Même son de cloche pour la Commission de l’Union africaine qui demande une enquête impartiale.

« Ce qui rend cette séquence particulièrement préoccupante, c’est le moment où elle survient », s’inquiète une source diplomatique. Si une équipe du mécanisme de vérification du cessez-le-feu a justement été déployée à Goma, les violations continuent et les différents processus de paix sont au point mort, donnant lieu à un vide diplomatique préoccupant. Aucune réunion de suivi n’a été organisée depuis près de quatre mois dans le cadre du processus de Washington. Le processus de Doha piétine lui aussi.

Dans un message mesurée, le départements d’État des États-Unis a condamné ces attaques et s’attend à ce que tous les belligérants respectent leurs engagements. Dans une adresse rapide à la presse, Donald Trump a par ailleurs souhaité l’ouverture d’un dialogue entre Kinshasa et Kigali.

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