RDC: le gouverneur de la Banque centrale fait le point sur les récentes découvertes d'argent liquide

En République démocratique du Congo, les récentes saisies de millions de dollars en espèces à l’aéroport de N’djili et l’interception d’autres dans une chambre d’hôtel de Kinshasa ont suscité récemment de vives interrogations sur le contrôle des flux financiers et des soupçons de détopurnements de fonds. Face à la polémique, le gouverneur de la Banque centrale a livré des explications lors d’une conférence de presse.
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avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa
Pour André Wameso, son gouverneur, la Banque centrale de la République démocratique du Congo ne traite pas avec les particuliers et privilégie les paiements bancarisés, même si certaines dérogations sont parfois autorisées.
Mi-mars, un comptable d’une institution politique retire plusieurs millions de dollars en espèces, avant de payer un prestataire en cash. C’est l’argent que tout le monde a vu étalé sur le lit dans des images devenues virales dans une chambre d’hôtel, selon André Wameso. « L’enquête de la Banque centrale s’arrête là. Les faits ont été établis, les enquêtes sont maintenant les mains d’autres services pour s’assurer de la régularité ou non de ce paiement en dehors de la banque ».
Autre dossier, celui des près de 4 millions de dollars saisis à l’aéroport de N’djili. Des fonds d’une agence de tranfert de l’argent pour sa succursale dans l’Est du pays. Mais le montant saisi dépasse celui déclaré à la Banque centrale. « Les enquêtes sont en cours pour déterminer la responsabilité, les pénalités et les sanctions éventuelles par rapport aux règles qui n’ont pas été respectées », poursuit le gouverneur de la Banque centrale.
En conséquence, la Banque centrale interdit désormais aux banques commerciales d’importer de l’argent liquide de l’étranger d’ici 2027. Il s’agit de « favoriser les paiements digitaux et la traçabilité de tous les paiements qui se font en devises étrangères sur le territoire national et aussi pour éviter la fuite des capitaux », explique le gouverneur. Une orientation qui suscite déjà des réserves dans le secteur bancaire, certains redoutant les effets d’un monopole mal maîtrisé.
Enfin, les devises étrangères pour les transactions en liquide en République démocratique du Congo (RDC), où le dollar américain s’est substitué de façon généralisée et depuis des années à une monnaie locale faible, seront interdites d’ici avril 2027, a annoncé jeudi soir la Banque centrale du Congo (BCC). « À partir de cette date du 9 avril 2027, aucune personne, physique ou morale, ne sera plus autorisée à effectuer des transactions en espèces en monnaies étrangères », selon un communiqué de la BCC signé par son gouverneur, André Wameso.
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