RDC: la surexploitation et le manque de règles de sécurité à l'origine des éboulements miniers

Les recherches se poursuivent dans l’est de la RDC après l’éboulement, mardi 3 mars, d’une mine de coltan à Rubaya, au Nord Kivu, une zone contrôlée par le groupe armé AFC/M23. Le bilan est toujours incertain mais selon plusieurs sources, l’extraction a été suspendue et la recherche de corps se poursuit. Fin janvier, un important éboulement, sur ce même site, avait déjà fait plus de 200 morts parmi les creuseurs.

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Ce nouvel effondrement, survenu le 3 mars, s’est produit dans une mine de coltan, après un glissement de terrain sur le site minier de Gasasa, à côté de Rubaya, dans le Nord-Kivu. Pour l’instant, le bilan est encore indéterminé, mais la société civile est inquiète. Fin janvier, un éboulement important dans ce même carré minier, avait fait plus de 200 morts, selon des sources locales et gouvernementales.

Il s’agit d’une mine artisanale où des centaines de petits creuseurs travaillent souvent sans aucune protection et sur des terrains instables, fragilisés par des années d’exploitation. Joint par RFI, Jean-Pierre Okenda, directeur de l’ONG congolaise La Sentinelle des ressources naturelles, nous indique les raisons de ces effondrements successifs :

« Vous avez affaire à des puits. Au lieu par exemple de dix personnes, vous mettez 30 personnes. On va donc arriver à une exploitation accélérée. Ils vont commencer à creuser en désordre et prendre des directions sans qu’il y ait quelqu’un qui supervise, qui prenne en compte des normes, les distances entre les sites. On crée ainsi des galeries. Ils vont les creuser. Il y en a qui se superposent et il y a en a même qui vont déboucher sur d’autres.

Cette anarchie qui fait qu’il n’y a pas le respect des règles de sécurité, associée au fait que les gens eux-mêmes ne soient pas éduqués sur comment il faut creuser, c’est tout cela qui finalement crée des phénomènes d’affaissement du sol que l’on appelle des éboulements. Par ailleurs, chaque éboulement commence par des fissures qui peuvent être visibles ou pas. Mais généralement, il y a des fissures et, à un moment donné, cela donne un cocktail qui fait qu’il y a affaissement. Généralement, cela se produit dans une situation où il n’y a pas d’études d’évaluation d’impact environnemental.

Au niveau de la RDC, le code minier limite la profondeur d’appui à 30 mètres. Malheureusement, les mineurs artisanaux creusent au-delà de cela parce qu’ils suivent le filon. Et parfois ils vont jusqu’à au-delà de 60 mètres… et si cela arrive dans des situations où vous avez par exemple des pluies diluviennes, eh bien à ce moment-là, généralement il y a affaissement. »

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